Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
À moins de deux semaines des votations, la tension monte. Les derniers résultats du sondage SSR indiquent un non à l’initiative populaire «Pas de Suisse à 10 millions!», tandis que l’issue de la modification de la Loi sur le service civil reste incertaine. Dans ce briefing, vous découvrirez comment la Cinquième Suisse se positionne sur ces deux objets.
Bonne lecture!
Les résultats du deuxième sondage de la SSR avant les votations du 14 juin sont disponibles. Pour l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions!», ils indiquent une tendance en faveur du camp du non: 52% des personnes interrogées déclarent vouloir rejeter l’initiative qui demande une limitation de la population. 45% voteraient en sa faveur, les autres étant indécises ou n’ayant pas donné de réponse.
Les Suisses de l’étranger rejettent cette initiative de manière plus nette: 63% y sont opposés. «La Cinquième Suisse se montre sceptique face aux propositions de l’UDC visant à limiter l’immigration», explique le chercheur Lukas Golder, qui a réalisé le sondage. Il rappelle que les Suisses de l’étranger bénéficient de l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’UE.
Concernant la modification de la Loi sur le service civil, qui vise à durcir les conditions d’accès au service civil, les résultats du sondage annoncent une course encore plus serrée. Les partisans ont perdu leur avance et se situent désormais à 48% de oui. 46% s’y opposent.
C’est inhabituel, car les projets émanant des autorités ont tendance à gagner en soutien au fil d’une campagne. Parmi les Suisses de l’étranger, on observe un tableau similaire, mais avec une proportion plus élevée de personnes indécises.
Alors que l’Union démocratique du centre veut limiter l’immigration avec son initiative «Pas de Suisse à 10 millions!», EMS‑Chemie, l’entreprise de Magdalena Martullo‑Blocher, recrute du personnel dans l’UE.
L’initiative «Pas de Suisse à 10 millions» est également au cœur d’une enquête de la RTS. Comme le montre la chaîne publique romande, EMS‑Chemie, dirigée par la conseillère nationale UDC Magdalena Martullo‑Blocher, recrute de la main-d’œuvre dans l’Union européenne, alors même que sa dirigeante milite pour une limitation de l’immigration.
Selon la RTS, l’entreprise a publié plusieurs offres d’emploi à l’étranger. Une annonce pour un poste de chimiste a particulièrement attiré l’attention. En raison du taux de chômage dans cette profession, elle aurait d’abord dû être signalée à l’Office régional de placement (ORP). L’obligation d’annoncer les postes vacants avait été introduite après l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse en 2014, afin de favoriser la main‑d’œuvre indigène.
Magdalena Martullo‑Blocher ne s’est pas exprimée personnellement sur ces reproches. EMS‑Chemie a pour sa part indiqué que, faute de personnel qualifié disponible en Suisse, l’entreprise dépendait de la main‑d’œuvre venue de l’étranger. La vice‑présidente de l’UDC, Céline Amaudruz, a quant à elle déclaré que l’initiative n’empêchait pas le recrutement de travailleurs étrangers.
L’attaquant Breel Embolo a manqué le départ de l’équipe nationale suisse de football pour le camp d’entraînement de la Coupe du monde aux États‑Unis. La raison: un formulaire ESTA invalide.
Si vous avez voyagé aux États‑Unis ces dernières années, vous savez ce qu’est l’ESTA. Il s’agit d’une autorisation électronique de voyage qu’il faut demander avant le départ. Lorsque l’équipe nationale suisse masculine de football a voulu se rendre hier à San Diego pour son camp d’entraînement en vue de la Coupe du monde, l’attaquant Breel Embolo n’a pas été autorisé à embarquer à la dernière minute, car son ESTA, jusque‑là valable, a été réexaminé peu avant le vol.
Pour obtenir cette autorisation d’entrée, il faut répondre en ligne à plusieurs questions, par exemple si l’on a déjà été condamné pour une infraction. Selon l’Aargauer Zeitung, cette question pourrait avoir posé problème à Embolo. En avril dernier, l’attaquant de 29 ans a été condamné pour menaces répétées par la Cour d’appel de Bâle à une peine pécuniaire avec sursis de 45 jours‑amende à 3000 francs chacun, avec un délai d’épreuve de deux ans.
Selon plusieurs médias, Breel Embolo tente désormais d’entrer aux États‑Unis non plus avec une autorisation ESTA, mais avec un visa. Il bénéficie pour cela d’un soutien de tout premier niveau, rapporte l’Aargauer Zeitung. Sur demande, le DFAE a indiqué être en contact étroit avec l’ambassade des États‑Unis à Berne et vouloir «clarifier la situation et trouver une solution aussi rapidement que possible afin que M. Embolo puisse entrer aux États‑Unis».
Le financement de la 13ᵉ rente AVS reste très disputé. Le Conseil national campe sur une solution temporaire fondée sur une hausse de la TVA.
À Berne, la session se poursuit, aujourd’hui, avec un code vestimentaire particulier. Le 6 juin est en Suisse la «Journée du costume traditionnel»; au Parlement, on l’a déjà célébrée en avance. Plusieurs politiciens ainsi que des invités sont apparus en tenue traditionnelle au Palais fédéral.
Outre l’exposition et l’admiration des tenues, on a aussi fait de la politique. La dispute sur le financement de la 13ᵉ rente AVS entre dans une nouvelle phase. Le Conseil national a décidé de financer la 13ᵉ rente AVS jusqu’en 2033 par une hausse de 0,5 point de pourcentage de la TVA. Il maintient ainsi une solution temporaire sans augmentation des cotisations salariales – contrairement au Conseil des États, qui privilégie un modèle durable combinant TVA et pourcentages sur les salaires.
Par ailleurs, le Conseil national veut mieux protéger les victimes de violence et a approuvé une révision de la loi sur l’aide aux victimes. Le projet oblige notamment les cantons à mettre à disposition un nombre suffisant de lieux d’hébergement pour les victimes de violence et leurs proches; le Conseil des États se penchera sur le dossier dans un second temps. Les deux objets retournent maintenant au Conseil des États.
Texte traduit de l’allemand/op
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