Aujourd’hui en Suisse
Chères et chers Suisses de l’étranger,
Savez-vous à quel point vous êtes intéressants? De plus en plus de médias suisses publient des récits de Suisses vivant à l’étranger. Avez-vous une idée de ce qui rend vos expériences si fascinantes pour vos compatriotes restés au pays?
Nous y reviendrons à la fin de cette infolettre. Mais d’abord, nous nous penchons sur une nouvelle étude qui examine l’un des piliers de la démocratie directe suisse. À votre avis, dans quelle mesure les prévisions publiées dans les brochures de vote officielles sont-elles fiables? La réponse plus bas.
Salutations ensoleillées de Berne,
Nous la recevons toutes et tous: la brochure de vote rouge qui présente les arguments, les chiffres et les éléments de contexte relatifs aux prochaines votations. Ces informations sont censées aider l’électorat à se forger une opinion éclairée. Une nouvelle étude, commandée par le gouvernement et réalisée par le Contrôle fédéral des finances (CDF), suggère toutefois que certains chiffres et prévisions n’ont pas toujours résisté à l’épreuve du temps.
L’audit a passé en revue près de 200 messages du Conseil fédéral et brochures de vote publiés depuis 2020, en examinant sept cas en détail.
En 2016, lors d’un référendum sur la réforme de l’imposition des couples mariés, un mauvais calcul avait marqué les esprits. Le gouvernement avait estimé qu’environ 80’000 couples seraient concernés. Le chiffre réel a dépassé 450’000. Cette erreur a finalement conduit à la première annulation – et à ce jour la seule – d’une votation fédérale.
L’audit a relevé des données obsolètes, des explications insuffisantes sur les prévisions et un manque de transparence quant à la méthode utilisée pour produire les estimations gouvernementales, rendant difficile pour l’électorat d’évaluer les informations présentées.
Le CDF a également constaté que les impacts financiers dominent les documents de vote officiels, tandis que d’autres conséquences reçoivent beaucoup moins d’attention. Les prévisions financières figuraient dans 59% des messages du Conseil fédéral et dans 30% des brochures de vote, alors que les impacts environnementaux étaient abordés dans moins de 5% des cas.
Une citation préoccupante de l’étude indique que «lors des entretiens, des collaborateurs et collaboratrices ont déclaré qu’une pression politique émanant du Secrétariat général de certains départements était perceptible concernant la manière dont les prévisions devaient être présentées dans les documents décisionnels, et lesquelles devaient l’être». Le CDF n’a pas précisé quels départements étaient visés par ces allégations.
Le CDF recommande de faire davantage appel à des spécialistes des données, de publier les modèles de prévision dans la mesure du possible, et d’être plus transparent sur les incertitudes. Si le gouvernement a globalement approuvé ces recommandations, il a indiqué que leur mise en œuvre dépendrait des ressources financières disponibles.
Les drones représentent une préoccupation croissante pour la sécurité de la Suisse. «Ce n’est plus une plaisanterie», a averti le chef de l’armée Benedikt Roos, après des signalements faisant état de plusieurs drones volant en formation au-dessus de sites militaires et d’infrastructures critiques.
«Un opérateur m’a informé qu’il y a eu des survols de drones dans son secteur. Et pas un seul drone, mais plusieurs drones en formation», a déclaré Benedikt Roos lors d’une assemblée d’unités militaires à Berne. «Il faut un certain niveau d’expertise pour envoyer des formations de drones au-dessus d’infrastructures critiques», a-t-il ajouté. L’armée ne sait pas encore qui se cache derrière ces activités.
Ces signalements ont suscité des inquiétudes parmi les politiciennes et politiciens de tous bords. La conseillère d’État lucernoise du Centre Andrea Gmür a averti que la Suisse est déjà confrontée à des éléments de guerre hybride et doit renforcer sa capacité de réponse.
La menace croissante des drones survient alors que le gouvernement envisage d’étendre les capacités de défense aérienne de la Suisse. Selon la SRF, le coût combiné des systèmes de défense antimissile à longue, moyenne et courte portée pourrait finalement atteindre entre 15 et 17 milliards de francs.
«Une chose est certaine concernant la défense aérienne: elle n’est jamais bon marché», a déclaré à la SRF Douglas Barrie, chercheur spécialisé dans les questions militaires à l’International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres.
Un différend entre l’Église catholique et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X a pris une nouvelle dimension aujourd’hui, après que la Fraternité a consacré quatre nouveaux évêques à Écône, dans le canton du Valais, malgré l’opposition explicite du pape Léon XIV.
Plus tôt cette semaine, le pape Léon XIV s’était adressé directement aux responsables de la Fraternité. «Je vous en supplie du fond du cœur: reconsidérez votre décision», leur avait-il écrit. Les ordinations ont néanmoins eu lieu.
Le Vatican a réagi aujourd’hui en excommuniant formellement les six évêques impliqués, actant un schisme entre la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et l’Église catholique. En conséquence, les sacrements administrés par les évêques nouvellement excommuniés – notamment le mariage ou la confession – ne seront plus reconnus par l’Église catholique.
La Fraternité a rejeté cette décision, affirmant que toute excommunication était invalide et appelant ses fidèles à ne pas accepter la déclaration du Vatican.
Fondée en Suisse dans les années 1970 par Marcel Lefebvre, la Fraternité est en désaccord avec Rome depuis des décennies. En 1988, elle avait également procédé à des ordinations épiscopales sans approbation pontificale, malgré un avertissement personnel du pape Jean-Paul II, ce qui avait entraîné une excommunication automatique.
La Fraternité estime avoir environ 600’000 fidèles dans le monde. Si ce chiffre est modeste comparé aux 1,4 milliard de membres de l’Église catholique, elle s’est imposée comme l’un des mouvements traditionalistes les plus influents au sein du catholicisme mondial.
Suisses de l’étranger, vous intéressez de plus en plus les médias suisses. D’un Bernois qui a abandonné l’école pour devenir designer à New York à une comédienne qui se présente comme la «Black Heidi» et a ouvert un chalet à fondue à Berlin, les récits de Suisses vivant à l’étranger suscitent un intérêt croissant au pays.
Qu’est-ce qui rend ces histoires si captivantes? Peut-être la curiosité. Ou peut-être même une pointe d’envie. Les Suisses ne sont généralement pas connus pour leur goût du risque, et quitter le confort et la sécurité du pays est souvent perçu comme l’un des plus grands sauts que l’on puisse faire.
Le designer Ben Ganz, cité dans la Neue Zürcher Zeitung (NZZ), souligne que New York est «inconfortable», et c’est précisément ce qui le motive. «La vie à Berne est meilleure et plus agréable à bien des égards. Mais je suis fortement influencé par mon environnement et j’y serais très paresseux», ajoute-t-il.
Selon lui, bien d’autres personnes créatives pourraient réussir aux États-Unis. Les designers suisses sont exceptionnellement bien formés, «ils seraient recrutés ici en un clin d’œil», mais ils manquent souvent de courage, dit-il.
La restauratrice Jeniffer Mulinde-Schmid, qui se décrit comme la «Black Heidi», évoque, elle aussi, les différences entre la vie à Berlin et à Zurich dans une récente vidéo de Blick.
Ce ne sont là que deux exemples de l’intérêt croissant pour la vie des Suissesses et Suisses de l’étranger. À Swissinfo, nous aimons à penser que nous avons été pionniers dans la défense de la cause des Suisses de l’étranger. Alors si vous êtes un entrepreneur ou une entrepreneuse suisse, avez monté une affaire à l’étranger, ou avez simplement une expérience intéressante à partager, n’hésitez pas à nous écrire!
Texte traduit de l’anglais par Dorian Burkhalter
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