Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
Avant un achat important, mieux vaut vérifier que le «prix fixe» promis n’est pas trompeur et qu’il figure noir sur blanc dans le contrat. Voilà un conseil qui me semble utile pour les dépenses les plus diverses, des voyages organisés… aux avions de combat.
Bonne lecture!
Malgré ce qui a été affirmé à plusieurs reprises, aucun prix fixe n’a jamais été négocié avec les États-Unis pour l’achat des avions de combat F-35 destinés à l’armée suisse. C’est ce que souligne un rapport de la Commission de gestion du Conseil national. Cette révélation a suscité de vives réactions, tant à droite qu’à gauche.
«Il est désormais officiellement établi que les responsables ont, au moins en partie, fait dérailler le plus important contrat d’armement de l’histoire suisse», écrit NZZ. Le quotidien zurichois rappelle qu’après l’annonce, en 2021, du choix des F-35 américains par le Département de la défense, au détriment notamment du Rafale français, il est rapidement apparu que les coûts risquaient d’être plus élevés que prévu, et même supérieurs aux six milliards de francs approuvés en votation populaire en 2020. Depuis lors, le prétendu «prix fixe» a été évoqué lors de chaque conférence de presse consacrée au dossier, alors que cette notion n’apparaît dans aucun document contraignant signé avec Washington.
Le rapport critique aussi bien l’ancienne ministre de la Défense Viola Amherd que l’ancien responsable du projet Air2030, Darko Savic. Tous deux ont quitté leurs fonctions au printemps 2025, avant que l’ampleur des surcoûts ne soit clairement connue.
Au micro de la RTS, le conseiller national UDC Jean-Luc Addor s’insurge contre «ce mensonge» et exige que les responsabilités soient établies. Le conseiller aux États socialiste Carlo Sommaruga parle, lui, d’un «fiasco total» et demande l’arrêt complet de l’achat des avions. La conseillère nationale PLR Simone de Montmollin évoque pour sa part de «l’ingénuité» et du «dilettantisme», estimant que le Parlement devra faire toute la lumière sur cette affaire grâce à des informations transparentes.
En Suisse, les loyers diminuent lorsqu’un centre pour requérants d’asile ouvre à proximité. Une nouvelle étude quantifie ce phénomène et, pour la première fois, met en évidence un lien direct entre l’ampleur de la baisse des loyers et la couleur de peau des personnes hébergées dans le centre.
Lors de l’ouverture d’un centre d’accueil, les loyers baissent en moyenne de 3,8%. Après sa fermeture, ils reviennent à leur niveau habituel, rapportent aujourd’hui les titres de Tamedia, citant une étude menée par les universités de Lausanne et de Lugano.
«Nous n’avons trouvé aucune indication statistique montrant que la criminalité ou l’appartenance religieuse des personnes hébergées dans les centres d’asile ait eu un impact sur les prix», explique Marius Brülhart, professeur d’économie à l’Université de Lausanne et coauteur de l’étude. «Une seule caractéristique a joué un rôle: la couleur de la peau.»
Dans les centres où la proportion de requérantes et requérants d’asile originaires d’Afrique subsaharienne est supérieure à la moyenne, les loyers reculent de 4,2%, contre seulement 3% dans les centres où leur proportion est inférieure à la moyenne. En 2025, les pays subsahariens les plus représentés parmi les personnes demandant l’asile en Suisse étaient l’Érythrée, la Somalie et l’Éthiopie. «Ce résultat suggère qu’une part importante de l’évolution des prix repose sur des préjugés racistes», ajoute Marius Brülhart.
Un mémorial dédié aux victimes du national-socialisme verra le jour d’ici à fin 2027 sur la terrasse du Casino de Berne. L’impulsion en faveur de sa création a été donnée en 2018 lors du Congrès des Suisses de l’étranger. Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a présenté hier le projet lauréat.
«Unfolded Minute» («Minute déployée») est le nom retenu. Il s’agit d’un mur métallique de 55 mètres de long et d’environ deux mètres de haut, symbolisant la frontière nationale suisse. Il faudra environ soixante secondes pour parcourir l’ensemble de la structure, qui diffusera à intervalles irréguliers une mélodie d’une minute. Celle-ci sera différente à chaque fois grâce aux gravures réalisées dans le métal. Chaque «minute sonore» est destinée à rendre hommage à une victime anonyme différente du nazisme.
Chef du Département fédéral des Affaires étrangères, Ignazio Cassis a rappelé que, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, plus de soixante lieux de mémoire ont été créés en Suisse à l’initiative de particuliers. Cependant, le pays ne disposait jusqu’ici d’aucun lieu national de mémoire consacré à l’ensemble des victimes de la Shoah et des persécutions nazies.
Faut-il interdire les réseaux sociaux aux adolescentes et adolescents? La population suisse se montre très favorable à cette idée, écrit le portail Watson, près de neuf personnes sur dix soutenant une telle interdiction.
Selon un sondage réalisé par l’institut Demoscope pour le compte de Watson, 67% des personnes interrogées se déclarent favorables à cette mesure et 20% plutôt favorables. La principale préoccupation invoquée est la santé mentale des jeunes générations (86% des réponses), devant le risque de dépendance (83%) et l’exposition incontrôlée à la désinformation et à des contenus nuisibles (78%).
À partir de quel âge devrait-on pouvoir utiliser les réseaux sociaux? La réponse la plus fréquente, choisie par un peu plus de 40% des personnes sondées, est 16 ans. Cet âge correspond en Suisse à une étape importante, puisqu’il permet notamment de consommer de la bière dans la plupart des cantons, de conduire un scooter ou encore d’accéder à des films au contenu plus mature.
Le débat a déjà commencé sous la Coupole fédérale et les responsables politiques interrogés par Watson s’accordent sur un point: il faut agir. Les nuances apparaissent toutefois lorsqu’il s’agit des solutions à adopter. Plutôt qu’une simple interdiction, c’est l’idée d’un encadrement plus strict des contenus proposés par les plateformes qui semble s’imposer. Comme le rappellent plusieurs parlementaires, l’Australie a récemment interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, mais cette mesure est facilement contournée et risque de pousser les jeunes vers des espaces numériques encore plus difficiles à surveiller.
Texte traduit de l’italien/op
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