La semaine en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
Le monde est-il actuellement un peu trop mouvementé? «Un peu plus d’ennui ne nous ferait pas de mal», a estimé mercredi l’ancien conseiller fédéral suisse Alain Berset. Désormais secrétaire général du Conseil de l’Europe, il a déclaré que la succession de crises à travers l’Europe «détruit les perspectives» des jeunes et mine la confiance dans les systèmes démocratiques.
Bonne lecture!
À un an des élections fédérales, l’Union démocratique du centre n’a jamais été aussi forte. Mais cette position dominante s’accompagne aussi de défis et de risques, écrit mon collègue Balz Rigendinger dans une analyse.
Le 9 décembre, le Parlement élira un nouveau membre du Conseil fédéral pour succéder au ministre de l’Économie Guy Parmelin. Pendant des semaines, l’UDC, créditée d’environ 30% des intentions de vote dans les sondages en vue des prochaines élections fédérales, a peiné à trouver un candidat prêt à se lancer. «Le plus grand parti du pays semble totalement dépassé», a ainsi écrit le quotidien Le Temps.
La Genevoise Céline Amaudruz est la seule femme figurant sur la liste. Elle ne semble toutefois guère bénéficier de la sympathie de la direction du parti à Zurich, et son parcours dans le secteur financier genevois suscite des réserves. Son seul concurrent issu de Suisse romande est le conseiller d’État bernois Pierre-Alain Schnegg. Membre d’une Église évangélique, il est associé à des positions ultraconservatrices.
«Si aucun Romand ne figure sur le ticket, ou si Pierre Alain Schnegg n’y est intégré que pour la forme, l’UDC court le risque de désavouer l’ensemble de la Suisse romande», avertit le politologue Sean Müller. La personne choisie pour accéder au Conseil fédéral pourrait ainsi être confrontée à une tâche particulièrement délicate: recoller les morceaux au sein de son propre parti après les divisions provoquées par son élection.
Le ministre suisse des Affaires étrangères Ignazio Cassis a entamé jeudi une visite de trois jours en Corée du Nord et en Corée du Sud. Il est le premier membre du gouvernement suisse à se rendre en Corée du Nord depuis 2003.
Dans la capitale Pyongyang, il devait participer à la réouverture du bureau diplomatique suisse, de nouveau opérationnel depuis le 19 octobre. Selon le Département fédéral des affaires étrangères, le choix de cette date s’explique par la reprise progressive des contacts diplomatiques de la Corée du Nord avec d’autres pays «après plusieurs années d’isolement».
On ignorait toutefois si une rencontre officielle avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un aurait lieu. Ignazio Cassis devait en revanche s’entretenir avec la ministre nord-coréenne des Affaires étrangères, Choe Son-hui, ainsi qu’avec un représentant du Comité central du Parti du travail de Corée, au pouvoir. Au programme des discussions: la reprise des consultations bilatérales entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays.
La Suisse entretient des relations diplomatiques avec la Corée du Nord depuis 1974 et mène un dialogue politique régulier avec ce pays depuis 2003. La Direction du développement et de la coopération (DDC) a pour sa part ouvert un bureau à Pyongyang en 1997.
L’ancien président de la Confédération suisse et actuel secrétaire général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, estime que l’enchaînement des crises en Europe est en train de «détruire les perspectives» des jeunes.
Face à la vague de manifestations qui traverse le continent, Alain Berset a défendu le droit de manifester tout en condamnant fermement les violences. Dans un entretien accordé mercredi à la RTS, il a relevé le contraste frappant avec la situation des jeunes d’il y a vingt ou vingt-cinq ans. À l’époque, les jeunes générations avaient l’impression qu’«un boulevard s’ouvrait», porteur de perspectives, de projets et de possibilités d’épanouissement personnel.
Selon lui, la jeunesse d’aujourd’hui est confrontée à «un continent où la guerre est de retour, en Ukraine, sans parler de la guerre en Iran, des violations du droit international presque partout, de la crise climatique, de la pandémie dont nous sortons à peine et de l’intelligence artificielle, qui, selon certains, pourrait nous détruire». Cette accumulation de menaces «détruit les perspectives» et érode «la confiance dans les systèmes démocratiques».
Face à cette succession de crises, Alain Berset a formulé un souhait qui peut sembler surprenant: «Nous devons revenir à quelque chose de plus sage, à quelque chose d’un peu plus ennuyeux. Un monde un peu plus ennuyeux me manque. Nous aurions bien besoin d’un peu plus d’ennui.»
La brillante carrière de Stan Wawrinka a pris fin mardi lors de son tournoi à domicile, à Bâle. Deuxième plus grand joueur de l’histoire du tennis masculin suisse, «Stan the Man», surnommé aussi «Stanimal», s’est incliné au premier tour des Swiss Indoors face au Tchèque Jiří Lehečka, tête de série numéro huit. «Je suis triste, mais je souris», a déclaré le retraité de 41 ans à l’issue de la rencontre.
Né à Lausanne, Stan Wawrinka avait annoncé l’an dernier qu’il mettrait un terme à sa carrière à l’issue de la saison 2026, soit vingt-quatre ans après son passage chez les professionnels. Son jeu puissant, et notamment son revers considéré comme l’un des meilleurs de l’histoire, lui a permis de remporter trois titres du Grand Chelem: l’Open d’Australie en 2014, Roland-Garros en 2015 et l’US Open en 2016.
Ses succès ont été obtenus à une époque dominée par quatre des plus grands joueurs de tous les temps: Rafael Nadal, Novak Djokovic, Andy Murray et son compatriote Roger Federer, avec lequel il a décroché la médaille d’or olympique en double en 2008. Wawrinka a également joué un rôle essentiel dans la conquête, par la Suisse, de sa première Coupe Davis en 2014.
La semaine à venir
Le chanteur-compositeur américain, poète et prix Nobel de littérature Bob Dylan se produira dimanche au Hallenstadion de Zurich.
Lundi, une conférence nationale de la «manosphère» se tiendra à Berne.
Mardi, l’IKEA Home Monitor présentera son étude intitulée «Comment les Suisses vivent et maintiennent l’ordre chez eux».
Jeudi débutera à Berne la Session des jeunes 2026, organisée sous la Coupole fédérale. Pendant quatre jours, quelque 200 jeunes âgés de 14 à 21 ans débattront de divers thèmes de société et de politique.
Texte traduit de l’anglais/op
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