Concert de louanges et quelques déçus

Le «oui» au milliard de cohésion a suscité des réactions de satisfactions dans la plupart des partis, sauf à l'Union démocratique du centre (droite dure – UDC).

Ce contenu a été publié le 26 novembre 2006 - 17:44

Par ailleurs, les partis gouvernementaux se sont félicités du «oui» à la loi sur les allocations familiales, Mais, l'UDC et le Parti radical démocratique déchantent (PRD).

Le PRD, le Parti démocrate chrétien (PDC), le Parti socialiste (PS), les Verts et l'économie sont très satisfaits du «oui » au milliard de cohésion, qui devrait être favorable aux relations de la Suisse avec l'Union européenne. L'UDC et l'ASIN craignent que l'on ait ouvert les vannes à d'autres versements.

«Nous sommes évidemment contents, car un 'non' aurait mis en discussion nos rapports avec l'Union européenne (UE) et surtout avec les pays de l'Est », a dit Fulvio Pelli, président du PRD.

Il est très rare que l'on demande une autorisation au peuple pour de l'aide au développement, a-t-il relevé. C'est donc un très bon résultat.

Un combat difficile

Christophe Darbellay, président du PDC, s'est déclaré «très satisfait, car ce n'était pas gagné d'avance, c'était un combat difficile». Ce résultat est très important pour l'économie suisse, la sécurité des emplois, la stabilité et la sécurité en Europe, qui sont aussi notre stabilité et notre sécurité, a-t-il poursuivi.

Le PS se réjouit aussi de l'issue de la votation. «Le peuple suisse confirme ainsi une nouvelle fois qu'il mise sur l'ouverture et la solidarité avec l'Europe», a dit son président Hans-Jürg Fehr.

Alliance Sud, qui regroupe des oeuvres d'entraide, est satisfaite car la loi acceptée donne une base légale à la coopération suisse au développement avec les pays pauvres des Balkans et de l'Asie centrale. Alliance Sud attend des partis gouvernementaux qu'ils tiennent leur promesse et veillent à ce que le financement ne se fasse pas sur le dos de l'aide au développement.

Ouverture contre isolationnisme

Les Verts sont aussi très satisfaits du « oui » du peuple, qui soutient une politique misant, au niveau international, sur la coopération plutôt que sur l'isolationnisme égoïste.

L'Union syndicale suisse se réjouit qu'à nouveau les citoyens aient sèchement rabroué la droite isolationniste et nationaliste sur une question importante de politique européenne. Une majorité veut en effet que notre pays participe activement au processus d'intégration européenne, estimant que s'isoler n'est pas une solution.

Ce «oui» est aussi un «oui» à la place économique suisse, ont indiqué l'Union patronale suisse et economiesuisse. Car contribuer au développement des marchés émergents de l'Est profite aussi à notre économie. L'Union suisse des arts et métiers se réjouit aussi, relevant que les PME sous-traitantes de l'économie d'exportation en profiteront.

Vannes ouvertes

C'est un week-end décevant, a dit Ueli Maurer, président de l'UDC. Le peuple a décidé de dépenser de l'argent que la Confédération ne sait pas où prendre. De surcroît, le «oui » à l'aide à l'Est ouvre la porte à d'autres versements à l'UE, par exemple quand de nouveaux Etats y seront admis.

Hans Fehr, directeur de l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN), déplore le «oui» du peuple suisse. Pour lui aussi, les vannes sont ainsi ouvertes pour un endettement plus élevé de la Confédération.

Hans Fehr s'offusque du fait que le peuple ne pourra plus se prononcer sur une contribution de la Suisse lors d'un futur élargissement de l'Union européenne. Il s'y opposera d'une part au Parlement. Et d'autre part, l'ASIN prépare une initiative pour renforcer les droits populaires dans le domaine de la politique étrangère.

Les familles gagnantes

A l'exception de l'UDC et du PRD, les partis gouvernementaux se sont félicités dimanche du oui à la loi sur les allocations familiales. Les oeuvres d'entraide et les syndicats ont également fêté leur «succès».

En face, le patronat déplore un «oui regrettable», alors que l'UDC attribue cet échec au louvoiement des radicaux et des milieux économiques.

«Avec l'acceptation de la loi sur les allocations familiales, la Suisse fait un grand pas en avant vers une véritable politique familiale et une "grossesse" de plus de 15 ans trouve enfin un épilogue heureux», s'est félicité dimanche « Travail.Suisse».

L'organisation faîtière célèbre « un jour de joie pour les familles » et y voit également un succès pour sa propre initiative populaire « pour de plus justes allocations pour enfants ».

Ce « succès pour les familles » est encensé par le parti socialiste et le parti démocrate-chrétien. «Dans les jours qui viennent, le PS va intervenir au niveau cantonal pour que la nouvelle loi fédérale puisse être appliquée sans retard », a déclaré Hans-Jürg Fehr, président du parti.

De son côté, le PDC a souligné que la famille tient également un rôle important en tant que facteur d'intégration face à la recrudescence de la violence des jeunes.

A cause du «zig-zag» politique

«Lorsque tous veulent dépenser de l'argent et que personne ne s'y oppose, il est très difficile de s'y opposer», a relevé Ueli Maurer, président de l'UDC. Pour ce parti, cette explication vaut pour les deux objets mis en votation. Par contre, Ueli Maurer attribue aux milieux économiques et au parti radical la paternité de son échec pour les allocations familiales: leur «zig-zag» politique en est la cause.

L'Union patronale suisse a pris acte «avec regret de l'acceptation par une majorité de citoyens de la loi fédérale sur les allocations familiales ». Son introduction «n'apporte aucun progrès» et «ne fait qu'alourdir les coûts du travail pour l'économie suisse», a-t-elle souligné dimanche dans un communiqué. swissinfo et les agences

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