Condamné à cinq ans, l'ex-patron de Norit est inculpé dans l'affaire Elf

En 1992, l'homme d'affaires André Guelfi sert d'intermédiaire à la société Elf pour le rachat de la raffinerie allemande Leuna. Keystone Archive

Le financier brésilien S. M. n'en a pas fini avec les tribunaux. Reconnu coupable d'escroquerie par métier et de gestion fautive en février dernier, et condamné à cinq ans, l'homme d'affaires se retrouve mis en cause dans le dossier Elf.

Ce contenu a été publié le 10 mars 2001 - 13:59

L'affaire remonte à 1992. L'intermédiaire André Guelfi, dit «Dédé la Sardine», alors domicilié à Lausanne, doit mettre sa société off-shore Nobleplac, implantée au Liechtenstein, à la disposition de la société Elf pour un énorme marché en Allemagne. Il s'agit du rachat de la raffinerie allemande Leuna.

«On m'a dit: on va virer une somme de 256 millions de francs et il faut qu'elle parte tout de suite», explique André Guelfi. Manque de chance, les banques refusent d'organiser cette transaction financière qui ne correspond à aucune réalité économique. S. M., qui est alors une star de la jet-set, propose alors de lui donner un coup de main: il met «Dédé la Sardine» en contact avec la Handelsfinanz-CFF de Genève. L'établissement accepte de réaliser l'opération.

La mission de l'ancien patron de Norit et Gefipro ne s'est vraisemblablement pas limitée à ce simple rôle d'intermédiaire puisque S. M. a été inculpé cette semaine par le juge genevois Paul Perraudin. André Guelfi, joint par téléphone alors qu'il s'envolait pour la Russie, évoque une commission de 13 millions de francs français, correspondant à 5% des 256 millions de francs, perçue par la banque et par le financier brésilien.

«Pour payer cette somme, un conseiller de Le Floch-Prigent, l'ancien patron d'Elf, a voulu faire croire que nous avions fait des études», raconte encore André Guelfi. L'intermédiaire se souvient que S.M. était déjà aux abois et cherchait de l'argent frais par tous les moyens.

La déconfiture des sociétés Norit et Gefipro, spécialisées dans les opérations à terme sur les marchés des changes, n'est intervenue que deux ans plus tard, en 1994. Le financier brésilien, ami de Jacques Chirac et de Shimon Peres, laissait une ardoise d'au moins 85 millions de francs. Il a toujours été dans l'incapacité de restituer le moindre franc à ses clients.

Ian Hamel

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