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«Business as usual» pour le Forum économique mondial

Mardi, les organisateurs du Forum de Davos tenaient conférence de presse swissinfo.ch

Responsables politiques et économiques, intellectuels et artistes: ils seront plus de 3000, dès la semaine prochaine, au rendez-vous annuel de Davos. Les organisateurs restent sereins, malgré les menaces proférées par les opposants à la mondialisation.

Davos c’est d’abord un défilé de ce que le monde compte de puissants et d’influents, au premier rang desquels les chefs d’Etat et de gouvernement. Déception sur ce plan: l’édition 2001 est moins relevée que la précédente, qui avait eu pour tête d’affiche Bill Clinton.

D’ailleurs, cette année, aucun représentant éminent de la nouvelle administration américaine ne fera le déplacement de Davos, pour cause de passation de pouvoir à la Maison Blanche. En outre, des pays du G8, seul le Japon sera représenté par son Premier ministre.

Mais, au total, Davos réunira tout de même une bonne trentaine de chefs d’Etat ou de gouvernement. Et le Conseil fédéral y dépêchera quatre de ses membres, emmenés par le président de la Confédération, Moritz Leuenberger.

Il faut y ajouter les businessmen qui représentent un bon millier de sociétés parmi les plus puissantes de la planète. Sont invités, encore, une série d’universitaires et d’artistes: l’écrivain Mario Vargas Llosa, le prix Nobel de la paix Elie Wiesel ou encore Bono, le chanteur du groupe de rock U2.

Du très beau monde, donc. Reste à savoir si la manifestation pourra se dérouler sans encombres. Sur le modèle des heurts qui se sont déroulés à Seattle, et plus récemment à Melbourne et Nice, certains adversaires de la mondialisation ont promis de perturber le Forum de Davos.

La tenue, durant le sommet, d’une manifestation interdite par les autorités locales, comme lors des deux dernières éditions, fait en particulier craindre des violences.

Mais les organisateurs du Forum, eux, restent de marbre. Ils font pleine confiance aux autorités suisses et en leur capacité à assurer la sécurité de la rencontre.

Ce qui n’empêche pas Claude Smadja, le directeur du Forum, de prévenir: «si les sociétés démocratiques se laissent impressionner par des groupuscules, des minorités oppressives, alors nous allons au-devant de problèmes.»

Le Forum se défend d’ailleurs d’être le prophète de la mondialisation et revendique une attitude plutôt critique. Une position que l’on retrouve dans la formulation du thème de la réunion de Davos, cette année.

Ainsi, on parlera de la croissance, menacée par la perspective d’un éventuel ralentissement brutal de l’économie américaine. Mais on réfléchira aussi à la manière de combler le fossé qui sépare les uns et les autres, en matière de richesses, de santé ou encore d’accès aux nouvelles technologies.

Pierre Gobet

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