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Festival de cinéma Les problématiques religieuses sur grand écran

Hommes d'Eglise autour d'un livre

L’un des films en compétition cette année présente la «Richesse du monde syriaque», c’est-à-dire la diversité des Eglises chrétiennes du Proche-Orient.

(Site du Prix Farel)

Neuchâtel accueille une nouvelle édition du Festival international du film à thématique religieuse. Organisé tous les deux ans, le Prix Farel entend mettre les réalisateurs en contact et favoriser le partage d’idées.

La Suisse compte bon nombre de festivals de cinéma consacrés aux thématiques les plus diverses: production suisse, droits humains, films fantastiques, documentaires, films des pays émergents… Le fait est un peu moins connu, mais les films à caractère religieux ont aussi leur propre festival, le Prix FarelLien externe qui se tient tous les deux ans à Neuchâtel.

Evoluer avec son temps

Créé en 1967, le festival visait à l’origine à récompenser la meilleure émission protestante diffusée sur le service francophone de la télévision publique suisse. D’ailleurs, son nom même évoque cette origine protestante, puisqu’il fait référence à Guillaume FarelLien externe, l’un des grands réformateurs de la Suisse du XVIe siècle.

Le festival a ensuite évolué en s’ouvrant aux autres confessions chrétiennes, puis aux autres religions. Il a su évoluer avec son temps, estime Cyril Dépraz, président du Prix Farel et par ailleurs journaliste et producteur du magazine «Faut pas croireLien externe» sur la Radio-télévision publique suisse de langue française (RTSLien externe). «Le festival suit assez logiquement l’histoire de la société, car il projette des films qui sont eux-mêmes le reflet de la société et de ses changements», dit-il.

Une autre grande évolution concerne les participants. «A l’origine, c’était un festival qui réunissait des professionnels de la matière, relève Cyril Dépraz. Mais progressivement, il y a eu de plus en plus de sociétés de production, de réalisateurs et de journalistes non spécialisés mais qui s’intéressent aux questions de spiritualité, d’éthique et de problématiques religieuses. Au fil du temps, le spectre de l’offre s’est considérablement élargi.»

Aussi des aventures humaines

Pour cette édition 2018, trente filmsLien externe sont programmés dans les catégories courts, moyens et longs métrages. Pour beaucoup d’entre eux, traitant par exemple du pouvoir des moines bouddhistes en Birmanie, de la vie des moines trappistes de Chimay ou encore de la richesse culturelle du christianisme syriaque, le lien avec une thématique religieuse saute immédiatement aux yeux.

Pour d’autres en revanche, le lien est beaucoup plus ténu. Citons notamment «Gaza la grande évasion», qui relate l’histoire d’un astrophysicien qui veut faire découvrir l’astronomie aux enfants de Gaza, ou «Mexique: à la recherche des migrants disparus», qui traite d’un ancien clandestin qui recherche ceux qui ont disparu lors de leur long périple vers les Etats-Unis. A première vue, de tels films pourraient simplement figurer dans la rubrique société.

Festival Farel

Le Festival Farel se déroule les 26, 27 et 27 octobre 2018.

Les projections ont lieu au cinéma Bio, Faubourg du lac 27, à Neuchâtel. L’entrée est gratuite.

Trente films sont en compétition pour cette édition 2018.

Le concours est réservé aux pays francophones – y compris l’Afrique et le Canada – ainsi qu’à l’Italie.

Les différentes catégories – court métrage, moyen métrage, long métrage – sont dotées d’un prix de 3000 francs.

Le jury est constitué de cinq membres issus du monde de l’audio-visuel en provenance de Suisse, de France, de Belgique et du Royaume-Uni.

Le budget de la manifestation est d’environ 80'000 francs. L’argent provient de différents partenairesLien externe dont la ville de Neuchâtel, la Loterie romande, les Eglises et la RTS.

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«Nous ne présentons pas seulement des films sur la religion au sens strict, mais aussi des aventures humaines», indique Cyril Dépraz. Et de préciser: «Il existe trois dimensions. En premier lieu la dimension transcendantale de la vie, une verticalité qui peut être liée ou non à une religion particulière. Il y a ensuite le domaine religieux institué, plus traditionnel. Enfin, il y a la dimension éthique, qui représente en quelque sorte la concrétisation des convictions et des croyances. Pour nous, il est important de prendre toutes ces dimensions en compte dans notre festival.»

Lieu de rencontre

Le Prix Farel a notamment pour ambition de créer du lien. Tout d’abord entre les réalisateurs invités. «Nous mettons tout en œuvre pour accueillir les réalisateurs dans de bonnes conditions et leur permettre de participer à un festival dans un pays cher comme la Suisse, même s’ils ont peu de moyens financiers. Ils apprécient énormément de pouvoir se réunir ainsi et de partager leurs expériences», déclare Cyril Dépraz.

Ensuite – et c’est la nouveauté de cette édition 2018 – la rencontre se fera également avec le monde étudiant. Les organisateurs ont invité des étudiants en ethnologie de l’Université de Neuchâtel et des étudiants en histoire et en sciences des religions de l’Université de Lausanne pour assister à trois projections. Ils participeront ensuite, en présence des réalisateurs, à un atelier consacré à la manière de raconter un lieu, en l’occurrence le musée d’AuschwitzLien externe, la Bande de GazaLien externe et un monastère belgeLien externe.

Enfin, l’échange se fait également avec le public, même s’il n’est pas très nombreux. Chaque édition attire 200 à 300 personnes.

Décrypter l’actualité

Il ne faut cependant pas déduire de cette fréquentation modeste que le grand public se désintéresse des films et émissions à caractère religieux. Bien au contraire.

En 2016, la RTS avait suscité une véritable levée de bouclier en annonçant la suppression de ses magazines dédiés au religieux pour raisons budgétaires. Une pétitionLien externe de protestation avait rapidement récolté plus de 25'000 signatures. Finalement, la direction de la RTS avait maintenu une partie des programmes tout en maintenant les coupes prévues.

Cette réaction n’a pas vraiment surpris Cyril Dépraz. «Nous vivons dans un univers médiatique dans lequel il existe beaucoup de propagande, y compris religieuse. Les gens tiennent à ce que le service public soit présent sur ces questions avec un travail journalistique de qualité», note-t-il.

«Aujourd’hui, le religieux est partout, poursuit-il. Il est donc important de conserver des espaces d’enquête, de reportage et de débat, ainsi que les compétences de journalistes spécialisés capables de décrypter et d’analyser l’information.»

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