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Affaire Naci Öztürk: Caritas fustige les autorités suisses

L´arrestation du Suisse d´origine turque Naci Öztürk en Slovénie a montré les graves lacunes de la protection des réfugiés en Suisse, selon Caritas. L´Office fédéral de la justice (OFJ) réfute ces reproches.

Naci Öztürk, âgé de 42 ans, a le statut de réfugié en Suisse depuis 1984 et a obtenu la nationalité suisse en juin 2000. Il a été arrêté le 17 juillet en Slovénie. Il travaillait alors pour le compte de Caritas. La justice turque lui reproche d’être impliqué dans deux meurtres perpétrés en 1980. La Slovénie n’entend pas extrader pour le moment Naci Öztürk vers son pays d’origine. Il y risque la peine de mort.

Le directeur de Caritas Jürg Krummenacher a fustigé l’attitude de la Confédération jeudi lors d’une conférence de presse à Lucerne. Les autorités se sont rendues coupables de graves négligences dans cette affaire, a-t-il déploré.

Selon Caritas, Naci Öztürk aurait dû être averti de l’existence d’un mandat d’arrêt international à son encontre. Les autorités suisses ont en effet octroyé le statut de réfugié à Naci Öztürk en pleine connaissance de l’acte d’accusation dont il fait l’objet.

Un Etat a un devoir d’information et de protection, spécialement envers des personnes à qui il a octroyé l’asile. Si ce devoir n’est pas respecté, alors les dispositions de la Convention sur les réfugiés ne le sont pas non plus, a ajouté le directeur de Caritas.

L’organisation humanitaire demande à la conseillère fédérale Ruth Metzler de prendre position dans cette affaire. Caritas lui a écrit pour qu’elle entreprenne tout ce qui était en son pouvoir afin d’obtenir une libération rapide de M. Öztürk. Le porte-parole de l’OFJ Folco Galli a réfuté les reproches de l’organisation. La Suisse est liée au secret de fonction et ne devait pas avertir M. Öztürk, a-t-il expliqué. En outre, la Suisse ne peut assurer une protection absolue à tous ses citoyens et réfugiés.

M. Öztürk était au courant des accusations émises par la Turquie. Il aurait dû savoir qu’il devait faire preuve de davantage de prudence à l’étranger, même si les événements en question se sont déroulés il y a 20 ans.

Le mandat d’arrêt a été lancé en 1998. Et il a certainement des relents politiques, a déclaré M. Galli. Il s’agit cependant aussi d’un délit de droit commun. C’est pourquoi la demande turque ne contrevient pas à l’ordre public.

L’avocat de M. Öztürks, Marcel Bosonnet, n’est pas de cet avis. Les arguments juridiques sont utilisés par la Turquie pour poursuivre une action politique illégale, a-t-il déclaré jeudi à Lucerne.

La Turquie accuse nouvellement Naci Öztürk d’avoir tenté par la violence de changer la constitution. Il s’agit d’un délit typiquement reproché aux opposants du régime, a rapporté M. Bosonet. Les autres accusations, dont celle de meurtre, sont désormais prescrites après 20 ans.

swissinfo avec les agences

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