Affaires Mabetex-Aeroflot: le procureur de la Confédération veut des garanties de Moscou
Le procureur de la Confédération Valentin Roschacher a demandé à Moscou des garanties sur l'utilisation des éléments d'enquêtes fournis par la Suisse dans les affaires Mabetex et Aeroflot.
La délégation suisse était composée de cinq collaborateurs du Ministère public de la Confédération (MPC), de l’Office fédéral de la justice et de l’Office fédéral de la police. Le chef du FSB (ex-KGB, services secrets) Nikolai Patrouchtchev assistait également à cette réunion.
Ces derniers mois, le Parquet général de Russie a plusieurs fois remplacé les responsables d’enquêtes auxquelles la Suisse prête sa collaboration par le biais de l’entraide judiciaire. La décision de retirer à Nikolaï Volkov l’affaire Aeroflot avait déçu les autorités suisses.
La rencontre de vendredi devrait permettre de déterminer dans quelle mesure l’entraide fournie par Berne intéresse encore les autorités russes. M. Roschacher a demandé à son homologue russe de démontrer que les éléments de preuves que la Suisse a fournis sont effectivement utilisés.
M. Oustinov a rassuré la délégation suisse quant à la bonne volonté des Russes de maintenir l’entraide. De son côté, le MPC a exprimé son intérêt inchangé à la poursuite de la collaboration judiciaire entre les deux pays.
En arrière fond de cette rencontre figuraient les reproches formulés par les magistrats genevois Bernard Bertossa et Daniel Devaud, qui estiment que leurs investigations sont entravées. Ils accusent Moscou de fournir avec retard des informations incomplètes, notamment sur l’entreprise tessinoise Mabetex.
Cette dernière est soupçonnée d’avoir versé des commissions en échange de travaux au Kremlin. L’enquête menée en Suisse a permis d’établir que 6,6 millions de francs ont été versés en 1994 par la firme à différents fonctionnaires ou dirigeants russes.
Une part importante de cette somme a été payée à Pavel Borodine, ancien responsable de l’administration présidentielle. Des membres de la famille de l’ex-président russe Boris Eltsine sont également en cause. Le patron de Mabetex, Behgjet Pacolli, a toujours nié les accusations à son encontre.
La société Mercata, sise à Lugano, est également dans le giron des enquêteurs. A l’instar de Mabetex, elle est soupçonnée d’avoir versé des pots-de-vin pour la rénovation du Kremlin. Le patron de la firme, Victor Stolpovskikh, contre lequel un mandat d’arrêt a été déposé en Suisse, a réfuté ces accusations dans le journal russe «Kommersant» de vendredi.
L’affaire Aeroflot porte sur le détournement de plusieurs dizaines de millions de dollars de la compagnie aérienne russe. Elle vise notamment l’homme d’affaires russe Boris Berezovski, qui a fondé les sociétés financières Andava et Forus à Lausanne, perquisitionnées à la demande de Moscou.
swissinfo avec les agences
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