Après Vaud-Genève, la Suisse des régions!
Une trentaine de politiciens ont constitué une plate-forme nationale, jeudi, à Berne. Ils entendent porter le débat de la régionalisation au niveau fédéral.
Une fusion Vaud-Genève… L’idée faisait sourire, il y a trois ans. On parlait alors de la Pidolie, allusion à Philippe Pidoux, à l’origine du projet. Aujourd’hui, la proposition est prise au sérieux. L’initiative populaire vaudoise a abouti, en mai 1999, et sa soeur genevoise a été déposée, il y a une semaine.
Désormais, les initiants vont plus loin. Le débat est porté au niveau fédéral. Et une fois encore, l’idée paraît révolutionnaire. Le projet prévoit tout simplement de redessiner la carte de la Suisse, d’unir les cantons par régions. Des mariages collectifs, en quelque sorte! Les initiants ne veulent pas se prononcer sur un modèle précis de découpage, mais simplement lancer la proposition.
«La régionalisation est d’actualité depuis longtemps dans plusieurs cantons suisses», explique l’ancien conseiller d’Etat genevois Bernard Ziegler, qui co-préside l’Union Vaud-Genève, aux côtés de Philippe Pidoux. «Des formes de régionalisation existent déjà», ajoute Marc Suter. Le conseiller national cite l’exemple de l’Espace Mittelland (Jura, Neuchâtel, Fribourg, Berne et Soleure).
Les cantons ne peuvent plus répondre seuls aux problèmes actuels, estiment les partisans de la régionalisation. Trop petits, ils perdent en autonomie, en pouvoir et deviennent des «régions administratives subalternes», lance le popiste vaudois Joseph Zysiadis. La régionalisation permettrait, selon lui, d’unifier les statuts de la fonction publique et offrirait une plus grande égalité en matière fiscale.
Le regroupement des cantons est soutenu par les Verts, qui ont déposé une initiative parlementaire. Le texte donne pour mission à la Confédération de soutenir le redécoupage de la Suisse en six à douze régions. Il sera examiné par la Commission des institutions juridiques, jeudi prochain.
Les partisans d’une Suisse des régions sont conscients qu’ils touchent à un sujet sensible. Les résistances psychologiques aux fusions de cantons sont fortes. «Le débat va prendre du temps. Beaucoup de temps», reconnaît le radical zurichois Félix Gutzwiller. «Mais il est nécessaire qu’il soit lancé une fois pour toute».
swissinfo avec les agences
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.