Argent sale: l’OCDE épingle le Liechtenstein et épargne la Suisse
Deuxième victoire en moins d'un mois pour la Suisse, après le Forum pour la stabilité financière du G7, c'est au tour du Groupe d'action financière sur le blanchiment des capitaux (GAFI) de lui donner l'absolution.
Les listes se succèdent et ne se ressemblent pas. Celle présentée aujourd’hui par le GAFI épingle des pays qui n’étaient pas catalogués jusqu’alors comme des paradis fiscaux, comme Israël, le Liban et la Russie.
En revanche, Monaco, dénoncée la veille par la Mission d’information française sur la délinquance financière et le blanchiment des capitaux, échappe à cette liste noire. Pourtant, les parlementaires révélaient que Daniel Ducruet, l’ancien mari de la princesse Stéphanie de Monaco, était lui-même fortement soupçonné d’avoir participé à des actions de blanchiment.
Montré du doigt par le Forum sur la Stabilité financière, le Liechtenstein est de nouveau dans la ligne de mire du GAFI. La principauté a très peu de chance d’échapper à la liste de l’OCDE présentée la semaine prochaine.
L’objectif des grands pays industriels – les Etats-Unis et l’Union européenne – est clair. Il s’agit de rendre la vie le plus difficile possible aux places offshore qui attirent les revenus des plus gros contribuables, et l’argent sale. Le GAFI appelle d’ailleurs ses membres à «demander à leurs institutions financières d’accorder une attention toute particulière aux relations d’affaires et aux transactions avec les pays ou territoires identifiés comme étant non coopératifs».
La Suisse, qui ne peut être cataloguée comme un paradis fiscal, au même titre que les Bahamas ou les Iles Caïmans, s’en sort donc bien. Cette bonne note n’est pas injustifiée : depuis une décennie, la Confédération a pris des mesures particulièrement sévères pour mettre un frein à l’entrée de capitaux douteux sur son territoire. Même les gérants d’hôtels doivent dorénavant faire attention lorsqu’ils changent l’argent de leurs clients.
Ian Hamel
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.