Blanchiment des capitaux: la Suisse a confisqué 1,5 milliard de francs en 1999
L´augmentation spectaculaire du nombre de présomptions de blanchiment d'argent - qui est passée en une seule année de 160 à 370 - atteste de l'efficacité des mesures mises en place par la Confédération pour lutter contre la grande criminalité.
En 1998, le bureau de communication en matière de blanchiment d’argent avait transmis 160 dossiers, dont 128 (80 pour cent) provenaient des banques, et 17 des fiduciaires. Les sommes en jeu atteignaient 333,7 millions de francs. Pour 1999, les cas de présomptions adressés au bureau de communication de l’Office fédéral de la police atteignent 370 (soit plus de deux fois plus que l’année précédente) et concernent 1,5 milliard de francs (soit presque cinq fois plus).
Est-ce à dire que la Confédération attire de plus en plus les truands du monde entier? Pas exactement. Pour le Groupe d’action financière international sur le blanchiment des capitaux (GAFI), la Suisse est «principalement, mais pas exclusivement, utilisée au niveau de la phase d’empilage dans le processus de blanchiment des capitaux». Cette augmentation du nombre de cas atteste surtout de l’efficacité renforcée de la législation pénale helvétique.
«La Suisse a accompli des progrès notables à la suite de l’adoption de nouvelles dispositions législatives», relève le GAFI. Seule ombre au tableau, la participation non-bancaire reste marginale. Les avocats, les assurances, les entreprises de crédit ou les négociants en valeurs mobilières qui signalent des cas suspects se comptent souvent sur les doigts d’une seule main.
Dans la majorité des affaires de blanchiment, les cocontractants viennent principalement de la Caraïbe (notamment des Iles Vierges britanniques, des Iles Caïmans et des Bahamas), des territoires dépendant de la couronne britannique (comme l’Ile de Man), et du Liechtenstein. Quant aux ayants droit économiques, ils continuent d’affluer de l’ex-URSS.
Ian Hamel
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