Bye bye les stars de NHL
Arrivés sur les patinoires helvétiques la saison dernière durant le lock-out, Joe Thornton, Rick Nash et consort ne seront plus là en septembre.
L’accord trouvé entre le syndicat des joueurs et les dirigeants de la prestigieuse ligue nord-américaine de hockey sur glace a des conséquences pour la Suisse.
Les stars qui ont éclairé le championnat de Suisse de hockey sur glace l’an dernier ne déposeront pas leur baluchon une saison supplémentaire sur le sol helvétique. L’accord entériné entre les propriétaires de clubs et le syndicat des joueurs de NHL permettra à la saison 2005/2006 de débuter début octobre.
Adieu donc les Joe Thorton, Dany Heathley, Jeff Halpern, Martin Gelinas ou Martin Saint Louis.
Dommage!
Dommage, doivent sûrement se dire les milliers de supporters suisses qui s’étaient rendus en masse dans les patinoires de leur région afin de vibrer aux exploits de ces authentiques stars.
Comme lors du premier conflit salarial de 1994 (là le championnat de NHL avait pu reprendre), le label National Hockey League a en effet marqué les esprits des supporters suisses.
Dommage doivent également penser certains dirigeants de clubs helvétiques. Et plus particulière ceux du HC Davos dont la stratégie de miser dès le début du championnat sur le lock-out s’est révélé payante.
Grâce aux Canadiens Joe Thornton et Rick Nash ainsi qu’au Finlandais Niklas Hagman, le HC Davos a réalisé l’an dernier un doublé Coupe Spengler/championnat de Suisse que les Grisons n’avaient plus réalisé depuis 47 ans.
D’autres clubs ont été moins heureux, comme les Tigres de Langnau, par exemple, qui ont appelé à la rescousse pas moins de 13 différents mercenaires sans parvenir à quitter les profondeurs du classement.
Un retour à la normale
D’ici la fin du mois de septembre, les clubs suisses devront donc se «rabattre» sur des joueurs importés moins prestigieux pour renforcer leurs formations.
«C’est un retour à la normale et c’est tant mieux pour le hockey suisse et le hockey mondial qui a besoin d’équilibre», se réjouit Gérald Métroz.
Journaliste, écrivain mais surtout agent de joueurs bien connu du monde du palet helvétique et nord-américain, ce dernier ne cache pas sa satisfaction de voir le «cirque» de la saison passée prendre fin.
«Bien sûr, poursuit-il, cela a permis aux fans de hockey en Suisse et en Europe d’admirer les prouesses de fabuleux joueurs. Mais, au final, cela n’aura servit à rien pour les joueurs nord-américains qui ont finalement cédé en acceptant le plafond salarial qu’ils refusaient.»
Principal point de discorde, le plafond salarial a été finalement réglé entre les propriétaires de clubs et le syndicat des joueurs en l’établissant entre 21,5 millions et 39 millions de dollars. Le salaire maximum fixé par joueur est de 7,4 millions et le salaire minimum de 450’000 dollars.
A noter au passage qu’un accord a été également été trouvé sur les mesures de lutte antidopage.
Miser sur les seconds couteaux
Avec la reprise du championnat, les meilleurs joueurs nord-américains ayant débarqués en Europe s’en retournent donc à leurs amours. Cependant, en fonction du nouvel accord, nombre de hockeyeurs habitués à évoluer en seconde ou troisième ligne vont sans doute revoir leurs salaires à la baisse.
Ces derniers pourraient alors bien décider de venir, à leur tour, tenter leur chance en Europe.
«Associé au fait que désormais les clubs suisses pourront aligner cinq joueurs étrangers, cela risque de donner également du spectacle dans les patinoires helvétiques», s’aventure Gérald Métroz.
«Il s’agira pour les responsables des clubs helvétiques d’effectuer les bons choix parmi les multiples prétendants. Pour dénicher la perle rare, il faut de bonnes connexions dans le milieu et un peu de chance. Les statistiques des joueurs de sont pas tout. Il faut savoir évaluer leur potentiel d’adaptation aux spécificités de notre championnat.»
Le récent transfert réalisé par le club de Genève Servette semble attester des nouvelles possibilités. Le club des Vernets s’est en effet assuré pour une saison les services de l’ailier gauche Jan Hlavac, sacré champion du monde avec la République tchèque en mai dernier à Vienne.
En Amérique du Nord, ce dernier a notamment joué pour les clubs de New York Rangers, Philadelphia Flyers, Vancouver Canucks et des Carolina Hurricanes. Durant le «lock-out», il était retourné au pays pour évoluer avec le Sparta de Prague.
swissinfo, Mathias Froidevaux
– L’an passé, et pour la première fois en Suisse, les clubs étaient autorisés à aligner autant d’étrangers qu’ils le voulaient, mais jamais plus de quatre à la fois. Cette règle et le lock-out de NHL ont fait que 92 mercenaires ont enfilé les patins au moins une fois au sein de l’une des douze équipes que compte l’élite suisse.
– En 1994, lors du premier lock-out, quelques-uns des meilleurs joueurs de la planète tels que Chris Chelios, Doug Gilmour, Phil Housley ou Valeri Kamenski étaient déjà venu en Suisse.
– La saison dernière, les grosses pointures se nommaient Joe Thornton, Dany Heatley ou Martin Saint-Louis.
– Grâce à ses stars de NHL – les Canadiens Joe Thornton et Rick Nash, ainsi que le Finlandais Niklas Hagman – le HC Davos a réalisé l’an dernier un doublé Coupe Spengler/championnat de Suisse que les Grisons n’avaient plus réalisé depuis 47 ans.
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