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Des experts suisses à nouveau en quête de preuves au Kosovo

La deuxième équipe d'enquêteurs lors de son retour du Kosovo en octobre 1999. admin.ch

Deux médecins légistes et deux préparateurs sont depuis mardi au Kosovo. C´est la troisième mission suisse dans cette région, envoyée à la demande du Tribunal pénal international. Cette fois, les experts font partie des équipes d´enquête de l´ONU.

Les deux premières missions suisses menées au Kosovo (en été, puis en automne 1999) s’étaient déroulées selon un scénario légèrement différent. A l’époque, les policiers et les experts qui participaient aux enquêtes avaient un mandat relativement autonome. Ils pouvaient certes compter sur le soutien logistique et la protection de la KFOR onusienne, mais ils travaillaient indépendamment des autres équipes d’enquêteurs.

La première mission était alors composée de quatre policiers, spécialistes en identification judiciaire, préservation de traces, d’explosifs et de documentation. Ils avaient pour tâche de recueillir très rapidement les premières preuves de massacres commis par l’armée et la police yougoslave au Kosovo.

Les suivants – au nombre de treize – comptaient déjà dans leurs rangs deux médecins légistes et deux préparateurs. Leur travail ne consistait plus seulement à préserver les preuves recueillies, mais à mieux les documenter et à mener un supplément d’enquête. Il s’agissait aussi de montrer aux populations du Kosovo que ces atrocités ne resteraient pas impunies.

Le matériel de preuve récolté au cours de ces deux missions, entre autres des milliers de photographies et d’images vidéo, avait été ramené en Suisse pour y être étudié très attentivement. Il était en effet très important de confronter ces images aux faits relatés dans les témoignages également recueillis sur place.

En mai dernier, ce matériel et les rapports finaux de ces missions réunis dans treize gros classeurs avaient été remis à Mme Carla Del Ponte, Procureur général du Tribunal pénal international sur l’ex-Yougoslavie. Toutes ces preuves servent à étayer les accusations portées par le TPI contre le président Slobodan Milosevic et d’autres personnalités yougoslaves accusées de crimes contre l’humanité, de meurtres et de déportations.

Mme Carla Del Ponte a demandé à la Suisse ainsi qu’aux autres pays qui participent à ces enquêtes de poursuivre leur travail de manière à ce qu’elle puisse en disposer dès la fin du mois d’octobre et passer à l’étape suivante de la procédure judiciaire.

La troisième mission suisse entamée ce mardi devrait durer elle aussi quatre semaines. Si elle est cette fois-ci entièrement intégrée à l’équipe des enquêteurs internationaux, c’esr principalement pour des questions de méthode. Les experts doivent examiner ensemble, au même endroit (à Orahovac, dans le sud-est du Kosovo), des cadavres exhumés de fosses communes. Les résultats de leurs constats sont aussitôt consignés sur place.

Les quatre spécialistes suisses (une femme et trois hommes) ont été recrutés dans les Instituts de médecine légale de Lausanne et de Bâle. Leur mission, coordonnée par l’Office fédéral de la police, est financée par le Département fédéral des affaires étrangères.

Bernard Weissbrodt



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