Des sportifs bilatéraux
Les clubs sportifs se préparent déjà à la libre circulation des personnes avec l'Union européenne.
Avec les accords bilatéraux, les sportifs européens pourront travailler librement en Suisse dès 2007. Le pays s’inquiète pour ses jeunes athlètes.
Dans le monde du sport suisse, tous sont d’accord sur un point: les règles sur le contingentement des sportifs étrangers doivent être revues.
Même si la situation varie d’un sport à l’autre, les fédérations craignent toutes qu’un sportif étranger ne recoure à la justice. Une peur du procès qui pousse à agir.
Pour mémoire, l’accord sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’Union européenne garantit une plus grande facilité d’établissement à l’étranger.
Plus aucune barrière dès 2007
Plus en détails, le traité prévoit la libre circulation des personnes dès le 1er juin 2004. Toutefois, la Suisse peut encore imposer des contingents jusqu’au 1er juin 2007.
Théoriquement, donc, les sportifs de l’Union européenne pourront bientôt «travailler» librement pour les clubs suisses. Et en particulier ceux de hockey sur glace, de handball, de football ou encore de basket-ball.
Aujourd’hui déjà, certaines équipes, qui ont besoin d’étrangers à leurs postes clés, se penchent sérieusement sur la question. Et certains s’inquiètent pour l’avenir: verra-t-on un jour le FC Bâle évoluer sur le terrain avec 11 étrangers?
«Dès 2007, la libre circulation sera totale», confirme Martin Nyffenegger, du service juridique de l’Office fédéral des étrangers. Bref, une équipe pourrait bel et bien évoluer avec onze étrangers.
Le handball prend les devants
Les fédérations, donc, sont tenues de s’adapter à ces nouvelles règles. Comme le rappelle Martin Nyffenegger, il leur reste encore deux ans pour le faire.
Mais certains n’ont pas attendu. C’est le cas de la Fédération suisse de handball. Qui applique déjà la libre circulation des joueurs avec l’Union européenne.
Selon Willy Tobler, président de la Fédération, les dirigeants du handball suisse voulait éviter à tout prix qu’un joueur européen ne passe devant les tribunaux afin de faire valoir son droit de jouer en Suisse.
De plus, les clubs de ligue nationale A et ceux de première ligue peuvent encore aligner deux autres joueurs extra-européens.
Ne risque-t-on pas de voir disparaître la jeune génération de handballeurs helvétiques? Pour l’éviter, Arno Ehret, entraîneur, ne voit qu’une solution: une formation adéquate des jeunes Suisses, afin qu’ils puissent rivaliser avec les joueurs européens.
Le foot et le hockey à la traîne
Autre son de cloche du côté du football et du hockey sur glace. Où l’on trouve que les handballeurs ont réagi un peu vite…
La fédération suisse de football a l’intention de présenter ses propositions au printemps 2003. Elles devraient garantir la sécurité des clubs durant quatre à cinq ans.
Le monde suisse du hockey sur glace a également l’intention de s’ouvrir. Le choix n’existe d’ailleurs pas: les accords avec l’UE l’exigent.
Mais les réticences sont nombreuses. «Nous examinons actuellement les conséquences d’un maintien d’un système de contingentement», précise le président de l’Association suisse de hockey sur glace, le juriste Franz Zölch.
Une jurisprudence menaçante
Mais que ce soit dans le hockey ou dans le football, tous gardent en mémoire le cas d’un certain Jean-Marc Bosman dont la plainte a troublé le football européen.
L’arrêt Bosman, rendu par la Cour européenne de justice, interdit de discriminer les joueurs européens en raison de leur nationalité.
Ce jugement, qui fait aujourd’hui partie du droit européen, résonne comme une menace dans les milieux sportifs. Egalement en Suisse.
Ce d’autant plus que l’Office fédéral des étrangers: même si l’affaire Bosman s’est déroulée dans le monde du football, l’article qui en découle vaut pour tous les sportifs.
swissinfo/Urs Maurer avec les agences
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