Espionnage industriel au profit de l´Allemagne
L´entreprise fribourgeoise Decotec, accusée au cours des années 90 par l´Allemagne d´avoir participé à la construction d´une usine d´armes chimiques en Libye, aurait été espionnée elle-même par des agents des services secrets allemands.
Une information pour délit d’espionnage industriel au profit du BND, les services secrets allemands, vient d’être ouverte par les autorités fédérales. La firme fribourgeoise de décontamination industrielle, Decotec, aurait été espionnée par certains de ses propres collaborateurs, selon l’hebdomadaire alémanique «SonntagsZeitung».
L’information judiciaire aurait été ouverte le 4 août dernier, selon le vice-procureur fédéral, Félix Bänziger, après dépôt de plainte de la société fribourgeoise.
Les faits remontent au milieu des années 70. Decotec avait été accusée à l’époque par les autorités allemandes d’avoir participé à la construction d’une fabrique d’armes chimiques en Lybie.
La Suisse, répondant à une demande d’entraide judiciaire de l’Allemagne, avait transmis d’importants documents concernant l’entreprise fribourgeoise. Le Tribunal de Stuttgart en avait fait usage pour condamner à quatre ans et trois mois de prison l’un des promoteurs allemands de l’usine de gaz de combats.
Les agents du BND, collaborateurs de Decotec, auraient trahi quant à eux certains secrets industriels de leur employeur. Aucune information cependant n’avait été ouverte à la justice sur le délit d’espionnage industriel dont l’entreprise fribourgeoise aurait été victime début 1999.
Le procureur fédéral assure cependant n’avoir en aucun cas retardé l’ouverture d’une enquête. Il est d’usage en ce qui concerne les dommages privés d’attendre l’estimation exacte des conséquences du délit avant d’entamer la procédure judiciaire.
Michel Verrier
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