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«L’équipe de Suisse manque de maturité»

Le coach national Enzo Trossero annonçant la composition de l'équipe de Suisse. Keystone

Seul journaliste sportif suisse ayant accompli une prestigieuse carrière de footballeur au niveau international, Norbert Eschmann livre ses réflexions avant le match éliminatoire de Coupe du monde 2002 Suisse - Russie, samedi à Zurich.

– Une question brûle toutes les lèvres. Comment expliquer l’attitude nonchalante de Sforza en équipe de Suisse. Qui, lors de la plupart des matches, erre comme une âme en peine au coeur du camp helvétique, alors qu’il brille avec le très capé Bayern de Munich?
– Norbert Eschmann: Ciriaco joue principalement comme troisième défenseur, devant ses deux centraux, au sein de son club Bayern Munich. Contre la Grèce, Enzo Trossero a fait jouer Sforza en soutien des deux attaquants. Or, Ciriaco n’a pas les qualités pour ce poste à la Zidane. Il n’aime pas jouer dos au but. Il n’est bon que quand le jeu se situe devant lui, notamment par son sens de l’interception.

– Qu’est-ce qui fait le plus défaut à cette équipe de Suisse?
– NE. Un manque de maturité. Un état d’esprit par trop enfantin chez la majorité des internationaux. Puis, la capacité à réagir dans l’adversité, la faculté chez chacun de prendre ses responsabilités.

– Au niveau international, le joueur suisse nous semble très lent…
– NE. C’est dans sa nature. Le Suisse n’est pas bête, mais il est un peu lent. Et là, il y a un problème au niveau de la formation. Les juniors sont appelés à travailler leur résistance et la puissance, alors qu’il semblerait plus judicieux de mettre l’accent, à leur âge, sur la rapidité et l’adresse technique en mouvement. Ensuite, on a un championnat de Suisse de troisième zone. Qui englobe des joueurs suisses et étrangers qui n’ont pas le gabarit pour évoluer dans les grands clubs européens. Enfin, en Suisse, les footballeurs veulent souvent jouer trop vite par rapport à leur bagage technique.

– Si vous étiez au poste de coach d’Enzo Trossero, quel plan tactique adopteriez-vous pour tenter de battre la Russie, samedi, à Zurich?
– NE. Je vois une équipe de Russie pratiquer un meilleur football que le nôtre. Plus artistique, mieux posé et sans doute plus rapide. Mais un football qui se regarde un peu beaucoup jouer. Dans un tel contexte, la Suisse a sa chance, en adoptant le rôle du boxeur qui provoque le combat. En forçant la Russie à commettre des fautes. En outre, je ferai évoluer la Suisse en 4-4-2. Et en aucun cas, en 3-5-2. Un plan qui fut un véritable fiasco contre la Grèce.

Fin du suspens: vendredi, Enzo Trossero a arrêté la sélection helvétique, avec Pascolo dans les goals; Lumbamba-Henchoz-Müller-Mazzarelli, en défense; puis, au milieu, Cantaluppi-Sforza-Vogel-Comisetti; et Hakan Yakin et Rey, en pointe.

Notons enfin que Lumbamba est le premier Noir titularisé en équipe de Suisse. Vogel, jusque-là incertain, est apparemment parfaitement rétabli. Et Rey a finalement été préféré à N’Kufo.

Emmanuel Manzi


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