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La belle-mère du prince de Savoie condamnée

La justice genevoise accorde une réparation à un clandestin brésilien. Et condamne le membre de la famille royale italienne qui l'exploitait.

Le jugement remonte à la fin de mai. Mais l’affaire a été dévoilée ces jours-ci par l’émission ‘Mise au Point’ de la Télévision suisse romande (TSR) et par la Tribune de Genève.

A Genève, le Tribunal des prud’hommes a condamné Mme Iris Doria, belle-mère du prince Victor-Emmanuel de Savoie – le chef de la famille royale italienne – à verser la somme de 20 750 francs.

Motif: Mme Iris Doria, 97 ans, ne payait pas les heures supplémentaires et les services rendus durant les jours fériés à Francisco Arrais, son ex-employé de maison aujourd’hui de retour au Brésil.

L’exploitation dénoncée

Il est plutôt rare qu’un travailleur clandestin dénonce l’exploitation dont il est ou a été victime. Francisco Arrais, lui, l’a fait.

Il faut dire que cet employé de maison est loin d’être un illettré. En 1996, il a d’ailleurs quitté un poste d’instituteur dans son pays – apprend-on dans l’émission ‘Mise au Point’ – pour tenter sa chance à Genève.

18 heures de plus par semaine

Cuisine, nettoyage, repassage et bricolage… Chez Mme Iris Doria, son horaire hebdomadaire s’élevait à 66 heures.

Il dépassait ainsi de 18 heures la durée maximale prévue par le Contrat type genevois pour les travailleuses et travailleurs de l’économie domestique.

Francisco Arrais touchait un salaire de 3000 francs net par mois. Mais sa patronne, Mme Doria, ne versait pas d’AVS, ni de 2e pilier, ni d’impôt à la source pour son employé domestique.

D’ailleurs, Francisco Arrais n’était pas seul dans ce cas. Dans l’émission de la TSR, l’employé brésilien nous assure que «d’autres travailleurs clandestins s’activaient à cette même époque au service de la famille princière».

Employé depuis mars 1998 par la famille de Savoie, Francisco Arrais a quitté son service chez Mme Doria en août 2000. Cela, paraît-il, après avoir été traité de simulateur, alors qu’il venait d’être victime d’un petit accident.

De retour au Brésil, il réclame cinq mois plus tard, le paiement d’environ 44 000 francs pour toutes ses heures supplémentaires. Pourtant habituée aux feux de la rampe, la royale famille italienne a décliné la proposition de s’exprimer devant la presse.

Le droit de se défendre

Reste que Madame Iris Doria a fait appel contre ce jugement du Tribunal des prud’hommes qui la condamne à verser, rappelons-le, plus de 20 000 francs à son ex-employé.

Quoi qu’il en soit, pour le Syndicat interprofessionnel des travailleurs (SIT), le jugement du Tribunal des prud’hommes est important, parce qu’il démontre aux clandestins exploités qu’ils ont aussi le droit de se défendre.

swissinfo

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