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La refonte du volley suisse passe par Montreux

L'équipe de Suisse de volleyball est concentrée sur un seul objectif: les Championnats d'Europe 2013. swissinfo.ch

La 27e édition du «Montreux Volley Masters» offre l’opportunité aux meilleures équipes nationales féminines de la planète de répéter leurs gammes à un an des Jeux olympiques de Londres. Invitée en marge du tournoi, l’équipe de Suisse entame quant à elle sa longue reconstruction.

Montreux, son lac, ses palaces, son traditionnel festival de musique et… ses longilignes athlètes qui distillent chaque année au début de l’été un spectacle de haute qualité apprécié des amoureux de smashs et autres réceptions spectaculaires.

Créé en 1984, le tournoi international de Montreux est devenu un rendez-vous incontournable du volleyball féminin mondial. Pour preuve, ce sont plus d’une centaine de journalistes qui sont accrédités pour l’événement. Le tournoi est retransmis dans une quinzaine de pays européens, asiatiques et sud-américains. «C’est le seul tournoi sur invitation qui réunit chaque année 8 des 15 meilleures équipes mondiales», souligne Yves Trösch, président du comité d’organisation.

Dans un cadre idyllique, entre lac et montagnes, Chinoises, Américaines, Cubaines, Italiennes ou encore Péruviennes s’affrontent durant six jours avec un seul objectif: préparer au mieux les prochains grands rendez-vous mondiaux, en l’occurrence le tournoi olympique de Londres en 2012. «Montreux est une plateforme idéale, affirme Georges-André Carrel, directeur stratégique du tournoi et figure du volleyball suisse. Les équipes viennent ici pour oser de nouvelles stratégies, lancer des joueuses dans le bain et analyser le jeu des autres équipes. Tout cela en dehors de la pression habituelle liée à la haute compétition».

Et le public, en majorité alémanique, est fidèle: près de 15’000 spectateurs payants par édition, ce qui en fait le deuxième événement sportif international du canton de Vaud derrière le meeting d’athlétisme de Lausanne. Comme lors des matches de la sélection péruvienne, l’occasion est également belle pour tous les expatriés vivant dans la région de ressortir maillots et drapeaux à la gloire de leur patrie d’origine.

La tête dans le sable

Le public suisse, lui, doit se contenter de prendre fait et cause pour une autre nation, ou simplement pour le beau jeu. «En 1994, les Suissesses jouaient encore dans le tableau principal. Elles avaient réalisé l’un des plus grands exploits de l’histoire du volleyball suisse en battant la Russie», se souvient Georges-André Carrel.

Aujourd’hui, les choses ont bien changé. La Suisse est classée au 111e rang mondial, à la hauteur de nations comme l’Afghanistan, le Rwanda ou… les Seychelles. Dans un pays où le volleyball reste un sport très populaire, que ce soit à l’école ou dans les clubs, l’agonie a de quoi surprendre.

Les problèmes financiers rencontrés par la Fédération suisse expliquent en partie la déconfiture, mais pas seulement: «Comme souvent, il s’agit d’un choix stratégique. La Fédération a décidé de tout miser sur le beachvolley avec l’apparition d’une génération de surdoués, je pense notamment aux frères Laciga ou à la paire Heuscher/Kobel. Les équipes nationales indoor ont alors été sacrifiées», explique Georges-André Carrel.

Sans structures ni projet, l’engagement en équipe nationale, tant masculine que féminine, a refroidi les ardeurs des plus motivés. «On reçoit au mieux une nouvelle paire de genouillères alors qu’on sacrifie tout notre été pour l’équipe de Suisse», résume un ancien international. Même s’il affiche des «regrets», Georges-André Carrel veut désormais faire table rase du passé: «Regardons l’avenir, et l’avenir ce sont les Championnats d’Europe féminins que la Suisse organisera conjointement avec l’Allemagne en 2013».      

Montreux représente une sorte de point de départ pour l’aventure de 2013. Les organisateurs ont en effet offert l’opportunité à l’équipe de Suisse féminine de disputer des matches amicaux en marge du tournoi face aux Etats-Unis, à l’Italie et à l’Allemagne, trois des plus grandes nations de la planète volley. «Il est vital de pouvoir acquérir des sensations à ce niveau», souligne Svetlana Ilic, satisfaite des progrès déjà réalisés depuis son arrivée à la tête de cette formation l’été dernier.

Rattraper le temps perdu

Bien sûr, le chemin sera encore long, et le niveau de jeu présenté à Montreux aura au moins le mérite de ne pas alimenter un optimisme démesuré. «En équipe nationale, on ne peut pas se permettre de réaliser autant de fautes basiques. Une joueuse doit savoir exactement quoi faire avec un ballon simplement renvoyé dans son camp, même à trois heures du matin», s’énerve quelque peu la coach nationale. Avant de faire preuve d’indulgence: «Avec trois ou quatre entraînements par semaine, on ne peut simplement pas rivaliser avec les meilleures équipes européennes».

Le club de Voléro Zurich, qui a participé à la dernière Ligue des Champions, a été chargé d’encadrer cette nouvelle génération en vue de 2013. Fille de Séverin Granvorka, le meilleur joueur français des années ’70, Inès Granvorka, 20 ans, est une valeur sûre du projet: «Voléro est le seul club qui permet de s’entraîner professionnellement. Disposer d’un tel club formateur est déjà un grand pas pour la Suisse, même si on ne peut pas changer d’un coup de baguette magique les mentalités de ce pays».  

L’objectif est motivant pour les joueuses, mais tout le monde est conscient qu’il sera difficile de rattraper le temps perdu en seulement deux ans. «2013 doit être un tremplin pour le volley indoor, affirme Georges-André Carrel. Si les filles montrent qu’elles peuvent atteindre un niveau intéressant, alors la Fédération va procéder à un rééquilibrage naturel dans ses priorités. D’autant plus que cela va être difficile pour la nouvelle génération de beachvolleyeurs de réaliser les mêmes résultats que leurs aînés».

27e édition. Créé en 1984, le Volley Masters de Montreux est un tournoi sur invitation qui réunit les meilleurs équipes nationales féminines du moment. La 27e édition se dispute du 7 au 12 juin dans la salle du Pierrier de Clarens, au bord du lac Léman. Le tournoi est retransmis par les chaînes de télévision d’une quinzaine de pays sud-américains, asiatiques et européens.

2011. Cette année, l’Italie, double championne d’Europe en titre, l’Allemagne, la Chine, le Pérou, les Etats-Unis, Cuba, les Pays-Bas, et le Japon figurent dans le tableau principal du tournoi. Ces huit nations sont classées dans le top-15 du classement mondial du volleyball féminin.

Suisse. L’équipe de Suisse dispute quant à elles trois matches amicaux face aux Etats-Unis, à l’Italie et à l’Allemagne. D’autres événements sont organisés en marge du tournoi, comme des séminaires pour arbitres ou des rencontres de mini-volley, qui réunissent près de 1300 jeunes de la région.

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