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Le barrage d’Ilisu: le cadeau suisse à la Turquie

Le barrage condamnerait les richesses archéologiques de la région de Hasankeyf. Keystone

La Confédération va-t-elle accorder les garanties à l´exportation pour la construction du barrage contesté d´Ilisu? Berne se retranche derrière les conclusions confidentielles d´un rapport commandité par le consortium impliqué dans ce projet.

Officiellement, la décision des autorités helvétiques n’est pas prise. Mardi à Istanbul, le secrétaire d’Etat aux Affaires économiques s’est d’ailleurs refusé à tout commentaire devant les journalistes turcs et étrangers: «Nous nous fonderons sur les conclusions du rapport commandé par le consortium», a affirmé David Syz.

Prudence donc. Le sujet est sensible. En Turquie d’abord où la liberté d’exprimer son désaccord est très restreinte. Difficile, en effet, pour les milliers de villageois kurdes concernés de protester dans une région toujours sous état d’urgence après 15 années de guerre.

Au début du mois, se référant au rapport confidentiel évoqué par David Syz, le journal britannique The Guardian estimait à 78 000 le nombre de Kurdes qui devront quitter leur village dans huit ans, lors de l’ouverture des vannes du barrage. Les gros propriétaires fonciers kurdes sont plutôt favorables au barrage, car ils obtiendront des compensations financières importantes.

Mais il en va tout autrement pour les paysans. Illettrés, ils redoutent d’être déplacés dans les banlieues des grandes villes de l’ouest du pays. Où ils perdront une identité et des traditions relativement préservées dans leur village.

Mais la prudence du secrétaire aux Affaires économiques s’explique aussi par la campagne lancée par la Déclaration de Berne. Cette ONG suisse conteste en effet la légalité internationale de la construction du barrage, un argument juridique que réfute le Département fédéral des Affaires étrangères.

Au cours de sa visite en Turquie, David Syz a pourtant dû clarifier la position suisse auprès d’Ankara. Il se pourrait même qu’il ait confirmé l’engagement à venir de Berne sur le projet d’Ilisu.

C’est, en tout cas, ce que pouvaient laisser croire les propos de l’un des Turcs qui accompagnaient le secrétaire d’Etat suisse. Un homme d’affaires qui, lui, se félicitait du «soutien apporté par la Suisse à un projet très critiqué par les autres pays».

Ariane Bonzon, Istanbul

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