Le G7 uni contre le blanchiment d´argent et le tourisme fiscal
Les sept pays les plus riches se sont mis d´accord, ce week-end à Okinawa, pour renforcer la lutte contre la délinquance financière internationale. La Suisse ne fait pas partie de la liste noire, mais elle pourrait se retrouver sous pression.
Face aux journalistes, le président français Jacques Chirac n’a pas caché sa satisfaction. «La nécessité morale de lutter contre la criminalité financière est maintenant admise» s’est félicité le président français, pour lequel la liste des 15 pays ou territoires «non coopératifs» établie par le GAFI – qui ne mentionne pas la Suisse – constitue «un document de référence pour prendre les mesures qui s’imposent».
Fait assez rare lors d’un sommet de ce type, le communiqué final des dirigeants du G7 – qui se sont réunis d’abord sans la Russie – est en effet limpide: l’éventualité de contre-mesures (entendez des sanctions) contre les pays réticents à mettre en place une législation approprié pour lutter contre le blanchiment des capitaux est évoquée noir sur blanc.
De même qu’est encouragée, au sein de l’OCDE, «l’accès aux informations bancaires à toutes fins fiscales et leur échange». Une mesure susceptible d’entraîner, à terme, un afflux de demandes de renseignements adressées aux banques helvétiques.
De bonne source, ce communiqué offensif contre la délinquance financière n’a toutefois pas été facile à obtenir. Jusqu’au dernier moment, l’accord du Premier ministre britannique Tony Blair n’était pas acquis, en raison de la position délicate de plusieurs territoires britanniques d’outre-mer, considérés comme des paradis fiscaux.
Rapidement évoquée, la question des relations entre les pays du G7 et les autres pays riches d’Europe, comme la Suisse, promet d’être aussi une question épineuse. Car en jouant ainsi aux gendarmes du système financier international, les dirigeants du G7 prennent une initiative qui engage d’autres Etats et d’autres gouvernements, tenus à l’écart de ce club très fermé.
Richard Werly, Okinawa
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