Le juge genevois Laurent Kasper-Ansermet sauve sa tête
Le Grand Conseil genevois a refusé jeudi de lever l'immunité du juge genevois Laurent Kasper-Ansermet, mis en cause dans l'affaire Gaon. Le magistrat risquait d'être poursuivi pour entrave à l'action pénale, faux témoignage et soustraction de documents.
Le Grand Conseil genevois a refusé jeudi de lever l’immunité du juge genevois Laurent Kasper-Ansermet, mis en cause dans l’affaire Gaon. Le magistrat risquait d’être poursuivi pour entrave à l’action pénale, faux témoignage et soustraction de documents.
L’affaire remonte à 1994. Laurent Kasper-Ansermet, alors procureur, s’inquiète de la déconfiture du groupe Gaon, propriétaire notamment du Noga Hilton à Genève. Il charge un expert, P. C., d’enquêter sur la situation financière des sociétés de Nessim Gaon. Le magistrat a bien mal placé sa confiance. Aidé d’un complice G.W., P.C. tentera d’escroquer le financier genevois de deux millions de francs.
Pour une raison encore inexpliquée, cette tentative de chantage n’éclate qu’en avril 1997. P.C. et G.W. sont inculpés pour «tentative d’extorsion et chantage» et incarcérés. Après avoir modifié plusieurs fois ses aveux, l’expert va finalement accabler Laurent Kasper-Ansermet. Selon lui, le magistrat aurait été parfaitement au courant de la tentative de chantage. Il l’aurait même encouragée.
L’ancien procureur, devenu juge d’instruction en 1996, a toujours démenti les faits. «Je suis victime d’un véritable complot et je le démontrerai», affirme le petit-fils d’Ernest Ansermet, le chef d’orchestre de réputation mondiale, qui envisage de déposer une plainte contre son ancien collaborateur.
La Chambre d’accusation a tout de même ordonné l’ouverture d’une enquête pénale à l’encontre du juge pour entrave à l’action pénale, faux témoignage et soustraction de documents. Mais, protégé par son immunité, Laurent Kasper-Ansermet ne pouvait pas être poursuivi. Par huit voix contre une, la commission législative du Grand Conseil, s’est opposée à la levée de son immunité. Jeudi, les députés genevois ont suivi le préavis de la commission.
L’ancien bras droit du procureur genevois Bernard Bertossa sauve donc sa tête: il ne peut pas être inculpé. Toutefois, cette décision ne met pas fin à l’enquête.
Ian Hamel
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