Le loup frappe à nouveau en Valais
Onze moutons ont été attaqués ce week-end dans la vallée de Tourtemagne et quatre autres dans la région d'Aletsch. Le loup qui sévit en Valais pourrait avoir un ou des compagnons.
Sept morts et quatre blessés: c’est le bilan du week-end dernier parmi les moutons de la Vallée de Tourtemagne, en Valais, une région proche du Val d’Hérens, où le loup a déjà fait près de 300 victimes l’an dernier.
Et ce n’est pas la première fois que Tourtemagne est touchée. Une vingtaine de moutons y ont en effet été égorgés depuis le début de l’année.
Il y a donc lieu de supposer que le loup d’Hérens chasse aussi dans une vallée voisine. A moins qu’un autre prédateur ne se soit déjà installé en Valais.
Dans le doute, l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP) n’a pas encore délivré l’autorisation de tirer au garde-chasse de Tourtemagne. Et il ne le fera pas avant d’avoir acquis la certitude qu’il s’agit bel et bien du même animal. Un loup, en effet, ne peut être abattu que s’il a tué plus de 50 moutons.
Reste le cas de la région d’Aletsch, dans le Haut-Valais. Malgré quatre nouvelles victimes – dont trois ont dû être abattues – personne n’a pu établir avec certitude que le prédateur est bien un loup. Le doute est permis. D’autant que les crottes prélevées sur place sont en fait celles d’un chien et d’un renard.
Pour Yvon Crettenand, biologiste au Service de la chasse et de la pêche de l’Etat du Valais, s’il s’agit malgré tout d’un loup, ce ne peut pas être le même que celui du Val d’Hérens. La distance est en effet trop grande et la traversée de la plaine du Rhône paraît un obstacle insurmontable pour ce prédateur particulièrement craintif face à l’homme.
Quoi qu’il en soit, il semble que la colonisation des Alpes valaisannes par le loup soit bien en marche. Comme l’écrivait l’OFEFP dans un communiqué de janvier 1999, après la mort du jeune loup écrasé par une voiture au Simplon: «Un loup est mort, mais d’autres viendront.»
Aujourd’hui, son directeur, Philippe Roch confirme que ce retour est inéluctable.
Marc-André Miserez
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