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Le loup, le lynx et l’ours à la merci des cantons

Les cantons de Suisse orientale veulent bien du lynx, à condition de pouvoir l’abattre s’il fait trop de dégâts. Pro Natura

Berne veut rendre aux cantons la compétence d´abattre les prédateurs qui feraient trop de dégâts. C´est à cette condition que la Suisse orientale acceptera l´arrivée du lynx, en attendant celles du loup et de l´ours brun.

L’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP) lance vendredi une procédure de consultation en vue de modifier l’Ordonnance sur la chasse. Principale innovation: la compétence de gérer les populations de grands prédateurs serait laissée aux cantons, en principe dès cet hiver.

Il ne s’agira pas pour autant de tirer sur tout ce qui bouge. Le lynx, le loup et l’ours restent des espèces protégées et leur mise à mort n’est autorisée qu’à partir d’un certain nombre de victimes prouvées, soit 15 moutons pour un lynx et 50 pour un loup. Ce qui change effectivement, c’est que les garde-chasse pourront se passer du feu vert préalable de Berne avant de délivrer le permis de tuer.

Cette nouvelle disposition entrerait en vigueur cet hiver, pour une période d’essai de deux ans. Et, si tout se passe bien, elle devrait être intégrée dans la révision de la loi, attendue pour fin 2002. Il s’agit en fait d’une concession que l’OFEFP fait aux cantons, particulièrement alémaniques.

Dans le cadre du Concept lynx suisse, il est prévu que le félidé colonise l’ensemble des zones alpines. Or, pour l’heure, les 100 à 150 lynx recensés en Suisse se concentrent sur les cantons de Vaud, de Fribourg, du Valais et de Berne. Et les obstacles, tant naturels qu’artificiels (autoroutes, agglomérations) les empêchent pour l’heure d’émigrer vers l’est.

Mais les autorités des cantons de Suisse centrale et orientale n’étaient pas très chaudes pour accueillir le félidé. D’où ce compromis, négocié ce printemps, et qui aboutit à la proposition de modification de l’Ordonnance sur la chasse.

A l’OFEFP, on ne craint pas de voir cette nouvelle compétence servir de prétexte à un jeu de massacre. Car, comme le rappelle le vice-directeur Willy Geiger, Berne restera vigilente.

De son côté, Narcisse Seppey, chef du Service de la chasse et de la pêche de l’Etat du Valais, ne peut que saluer un transfert de compétences qu’il a été parmi les premiers à réclamer. Et, sur la question de savoir si les chasseurs valaisans risquent de se muer désormais en exterminateurs, M. Seppey rappelle malicieusement que la réponse dépend aussi de l’animal. Depuis trois mois, les plus fines gâchettes du canton traquent un loup qui n’a jamais eu l’imprudence de se montrer.

Car les loups sont bel et bien inclus dans cette modification de l’Ordonnance sur la chasse, même si pour l’heure ils semblent ne pas être très nombreux en Suisse. Quant à l’ours, que l’Italie vient de réintroduire dans une réserve située à moins de 50 kilomètres de la frontière grisonnne, les autorités prévoient son retour naturel dans 10 ou 20 ans.

Marc-André Miserez

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