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Les Colombiens négocient pour la paix à Genève

«Humaniser le conflit en respectant les civils», telle est la condition de la paix. swissinfo.ch

Le gouvernement colombien et le deuxième groupe de guérilla de l'Armée de libération nationale (ELN) ont entamé lundi à Genève deux jours de pourparlers sous les auspices de la Suisse qui a dénoncé les enlèvements de civils comme arme politique.

Environ 80 représentants du gouvernement colombien, de l’ELN, de la société civile colombienne ainsi que des cinq pays amis du processus de paix, à savoir Cuba, l’Espagne, la France, la Norvège et la Suisse, participent à ces deux jours de négociations.

Organisés sous les auspices des autorités suisses, ces pourparlers doivent permettre de faire avancer la paix en Colombie après trente-six ans de guerre civile. Alors que les familles colombiennes des cinq otages de l’ELN, venues à Genève, ont lancé un appel pressant pour la libération de leurs proches, le secrétaire d’Etat suisse aux Affaires étrangères Franz von Daeniken a dénoncé d’emblée, en ouvrant la conférence, cette pratique qui gêne le processus de paix.

«Jamais les enlèvements de civils ne constitueront une manière acceptable pour atteindre des fins politiques ou de financement», a-t-il prévenu, affirmant que la paix dépendait de la capacité des parties à «humaniser le conflit en assurant le respect absolu de la population civile et le bon traitement des prisonniers». Franz von Daeniken a soutenu l’appel à un cessez-le-feu lancé jeudi dernier par le président Andrès Pastrana.

Le responsable suisse a également regretté que le principal mouvement de guerilla de Colombie, les FARC, n’aient pas envoyé de délégué à Genève.

L’Armée de libération nationale (ELN), en revanche, a répondu présente. Et, visiblement, elle est prête à faire avancer le dossier. Contrairement aux FARC, l’ELN accepterait en tous cas un cessez-le-feu pour que les discussions se déroulent dans un climat plus serein.

C’est aussi ce mouvement qui a exigé la participation des civils aux négociations: une présence qui pourrait donner une impulsion salutaire à des discussions qui, jusqu’ici, se limitaient à un face-à-face entre guérilla et gouvernement.

Depuis peu, les deux mouvements rebelles ont obtenu le contrôle de zones démilitarisées. Ailleurs néanmoins, les combats font rage. Une reprise des violences qui rend la rencontre de Genève «encore plus importante et urgente», a souligné Franz von Daeniken.

Sur le terrain, les guérilleros mènent depuis vendredi de violents combats contre les paramilitaires d’extrême-droite. Dans un entretien téléphonique, le chef de l’ELN, Nicolas Rodriguez «Gabino», a dénoncé lundi une «opération conjointe» par l’armée et les paramilitaires.

Il a également annoncé la libération mardi de l’un des cinq civils séquestrés depuis le détournement d’un Fokker d’Avianca en avril 1999, mais sans fournir son identité. La guérilla a fait de la signature d’un accord de paix avec le gouvernement la condition de leur libération.

swissinfo avec les agences

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