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Les reproches pleuvent sur un jumelage entre Zurich et Kunming, la Chinoise

Le municipal Thomas Wagner a qualifié de petit bourgeois le procédé de la riche Zurich dans ses relations avec la cité chinoise Kunming. Keystone

Le jumelage entre Zurich et Kunming agite la classe politique. L'UDC parle même de corruption, ce qui lui vaut une plainte pour calomnie. Le parlement de la ville a décidé de brider les ambitions de la municipalité.

Les jumelages entre communes suscitent en général l’indifférence. Ils visent à resserrer les liens d’amitié et à encourager les échanges culturels, d’écoliers ou de sociétés. En Suisse, 188 communes sont jumelées avec 218 partenaires de 13 pays d’Europe occidentale.

A ces jumelages «traditionnels» s’ajoutent des partenariats – à géométrie variable – conclu avec les homologues «moins favorisé», avant tout en Europe de l’Est. Quelle forme doit prendre le partenariat conclu en 1982 entre
Zurich et la ville chinoise de Kunming? Cette question suscite la polémique depuis des années sur les bords de la Limmat.

De fait, l’action de Zurich en faveur de Kunming se rapproche davantage de l’aide au développement que de simples échanges amicaux. Une évolution qui n’est pas du goût des partis et du parlement municipal. Celui-ci a peu apprécié de n’avoir pu se prononcer jusqu’ici que sur des contributions pour un total de 1,1 million de francs, alors que la ville a consacré, en 18 ans, environ 15 millions à ce partenariat (dont 6,4 millions pour le Jardin chinois, «cadeau» de Kunming aux Zurichois).

Les reproches pleuvent: engagement trop large, manque de transparence, contrôle financier insuffisant, compétences peu claires, responsabilités diluées, information lacunaire. Peu convaincues par le rapport – longtemps attendu – de la municipalité, les commissions de gestion et des comptes du parlement se sont aussi penchées sur le cas.

Des partis, l’UDC s’est montrée la plus virulente. Elle aurait même voulu une commission d’enquête parlementaire sur l’ «affaire Kunming». Proposition rejetée mercredi soir par le législatif. L’UDC s’intéresse plus particulièrement aux 200 «petits voyages» d’employés municipaux dans la province chinoise.

L’UDC a remis la compresse vendredi dernier, n’hésitant pas à parler de «favoritisme, de corruption et d’escroquerie». Ce qui a eu pour conséquence d’amener la municipalité a déposé plainte pénale pour calomnie.

Même si aucun scandale n’a été découvert, selon la présidente de la commission de gestion, le parlement communal a décidé de mettre de l’ordre dans la maison. Alors que la municipalité réclamait un crédit de 2,4 millions de francs pour trois ans, il lui a simplement accordé 1,3 million pour deux ans.

Le message est clair: le partenariat avec Kunming peut se poursuivre, mais il doit être revu à la baisse et revenir à un niveau «normal», soit se concentrer sur les échanges culturels.

Le municipal Thomas Wagner, en charge du dossier, a qualifié de «petit bourgeois» le procédé de la «riche Zurich». Dans ses relations avec Kunming, la ville avait jusque là joué un rôle pilote.

L’«affaire Kunming» n’a néanmoins pas complètement douché l’enthousiasme des députés pour les jumelages. En fin de débats, ils ont accepté trois postulats socialistes. Ceux-ci proposent que Zurich se lie au canton d’Uri, à une ville d’une autre région linguistique ainsi qu’à une ville européenne.

swissinfo avec les agences

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