Pêche à la baleine: la Suisse proteste auprès du Japon
La Suisse s´est jointe à quatorze autres pays pour remettre au gouvernement nippon une lettre de vives protestations contre l´envoi dans le Pacifique Nord d´une flotte de baleiniers japonais.
La Suisse qui n’a aucune tradition baleinière a-t-elle le droit de s’ingérer dans les affaires d’un Japon qui fait valoir que la consommation de viande de baleine s’inscrit dans ses coutumes alimentaires? En tous cas, dans les milieux diplomatiques suisses à Tokyo, on prétend que oui.
C’est d’ailleurs à la demande de Berne que l’un des représentants de l’ambassade de Suisse s’est associé à ce mouvement d’indignation. En l’occurrence, en signant une lettre avec quatorze autres pays, eux aussi fermement opposés à la pêche à la baleine.
Parmi ces derniers, l’on trouve, entre autres, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la Suède et l’Irlande. Mais aussi les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande et le Mexique.
La Suisse, rappelle son ambassade à Tokyo, est membre de la Commission baleinière internationale. Et sa contribution n’est pas négligeable. Puisqu’en 1983, lors d’une réunion de la Commission à Kyoto, c’est grâce à une résolution de compromis justement concoctée par la Suisse que le principe de la création d’un sanctuaire baleinier dans l’Antarctique avait été adopté.
La Suisse est très soucieuse de la protection des espèces menacées. Qu’elles appartiennent à la faune ou à la flore. Et c’est dans cet esprit qu’elle a décidé de protester, aujourd’hui, contre la présence de baleiniers japonais dans le Pacifique Nord. D’autant que le Japon ne cesse d’abuser des permis de chasse délivrés à des fins scientifiques pour tuer plusieurs centaines de baleines par an.
Les baleiniers nippons espèrent capturer plus d’une centaine de cétacés ces prochaines semaines. En particulier des cachalots et des baleines de Bryde qui avaient failli disparaître de la surface des océans, il y a une dizaine d’années.
A l’Agence japonaise des pêches, on rétorque que ces baleines se sont, entre-temps, reproduites en grande nombre. Et l’on ne cache pas son irritation face à l’indignation exprimée par le gouvernement suisse.
Georges Baumgartner, Tokyo
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.