Quatre Suisses du Falun Gong condamnés à Hong Kong
Un tribunal de Hong Kong a jugé seize adeptes du Falun Gong, dont quatre Suisses, coupables de désordre sur la voie publique.
Ils ont tous écopé d’une amende. Il n’est pas exclu que leurs avocats fassent appel de ce verdict.
Le 14 mars, seize «pratiquants» du mouvement du Falun Gong étaient arrêtés par la police de Hong Kong alors qu’ils manifestaient pacifiquement devant le Bureau chinois de liaison.
La majorité d’entre eux, résidant à Hong Kong, étaient venus soutenir la protestation de quatre ressortissants suisses, venus de Berne et environs.
La police locale a cependant estimé que cette manifestation perturbait l’ordre public, quand bien même elle était d’allure modeste et silencieuse, l’idée étant d’entamer une grève de la faim.
La prison évitée
Le procès intenté dès le 17 juin contre ces seize personnes aura duré plusieurs semaines. Ce n’est que ce jeudi que le verdict a été rendu.
Tous les inculpés ont été reconnus coupables d’obstruction sur la voie publique, et pour certains, d’obstruction à l’action de la police, voire d’agression à son encontre.
Aucun des accusés n’a été condamné à la prison. Mais les amendes infligées vont de 1300 à 3800 dollars de Hong Kong (250 à 725 francs suisses environ).
Les quatre ressortissants suisses devront s’acquitter de l’amende minimum, à moins que la défense, qui plaidait coupable, ne se décide à faire appel.
Pratiquants inquiets
«Tout ce qu’ils ont fait était légal, le procès qui leur a été intenté était politique et le juge n’a fourni aucune preuve qu’ils avaient violé la loi», nous dit Lee Kye Ja, membre de l’Association suisse de Falun Gong.
«Nous sommes très inquiets, ajoute-t-elle, non seulement pour notre mouvement, mais aussi pour les citoyens de Hong Kong, car leurs libertés fondamentales sont menacées».
Ce n’est pas l’avis du juge qui argue que les droits d’expression et de manifestation ne sont pas absolus et doivent être pondérés par les circonstances.
A Berne, le ministère suisse des Affaires étrangères a pris connaissance de ce jugement et s’en étonne, compte tenu des éléments d’information à sa disposition.
Il rappelle toutefois qu’il avait en son temps prévenu les quatre ressortissants suisses des risques qu’ils prenaient à manifester contre les autorités chinoises à Pékin ou à Hong Kong.
swissinfo/Bernard Weissbrodt
Le Falun Gong se définit par une spiritualité traditionnelle chinoise faite de méditation et d’exercices corporels
Sa méthode prône «la vérité, la bienveillance et la tolérance»
Le Falun Gong déclare n’avoir aucune structure hiérarchique
Il est cependant interdit en Chine depuis 1999
Hong Kong est rattaché à la Chine depuis 1997 tout en conservant un statut d’autonomie
En Suisse, le Falun Gong compterait quelque 200 à 300 pratiquants
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