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Soulagé, le CICR accueille ses ex-otages à Genève

Natascia Zullino tombe dans les bras de son mari à son arrivée à Genève Keystone

Les deux employées du CICR, retenues en otages en Géorgie, sont arrivées dimanche à Genève. Dès lundi, la Française Sophia Procoffief et l'Italienne Natascia Zullino seront prises en charge par des spécialistes du «debriefing».

Leur détention aura duré une semaine. Enlevés le 5 août dernier dans la zone montagneuse à la frontière entre la Géorgie et la Tchétchénie, les trois employés de la Croix Rouge ont été libérés la nuit dernière. Fatiguées et soulagées, Sophia Procoffief et Natascia Zullino ont quitté dimanche matin la capitale géorgienne Tbilissi pour Genève, à bord d’un avion spécial affrété par la Croix rouge.

Accompagnées par Angelo Gnaedinger, le chef du bureau Europe du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), elles ont été accueillies sur le tarmac par leurs familles. Lundi et mardi, elles seront prises en charge par des spécialistes du «debriefing», a indiqué Chris Bowers, porte-parole du CICR. Il a précisé que le CICR n’avait pas payé de rançon pour obtenir la libération de ses employées.

On ne connaît pas l’identité précise de leurs kidnappeurs, ni les modalités des négociations. Selon certains sources géorgiennes, les otages auraient été enlevés par un groupe criminel local, comme il en existe beaucoup dans cette région. Ces bandits comptaient les échanger contre l’abandon de toutes les poursuites judiciaires contre eux.

Les autorités géorgiennes étaient particulièrement pressées d’obtenir la libération des otages, avant que Moscou ne s’élève à nouveau contre leur laxisme. Depuis le début de la deuxième guerre, la Russie a souvent reproché à Tbilissi de servir de base arrière aux combattants tchétchènes, qui viendraient s’y ravitailler et s’y soigner.

La région frontalière entre la Géorgie et la Tchétchénie est une zone montagneuse, difficile d’accès, qu’ont emprunté des milliers de réfugiés fuyant la guerre. Près de 7000 Tchétchènes sont ainsi arrivés en Géorgie. C’est pour eux que le CICR a commencé à opérer fin 99, en leur amenant de l’aide alimentaire et les moyens pour installer le gaz et l’électricité.

Au moment de leur enlèvement, les deux jeunes femmes du CICR et leur chauffeur effectuaient une visite de routine dans les gorges du Pankessi. En attendant leur libération, le CICR ainsi que Médecins sans frontières avaient arrêté leur travail.

Chris Bowers a précisé que les opérations du CICR dans la région où s’est produit l’enlèvement sont toujours suspendues et ne seront reprises le cas échéant qu’ «après une période de réflexion».

Piotr Smolar, avec les agences

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