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Tir groupé des autorités italiennes contre la Suisse

Pour le ministre italien des Finances, il n’est plus concevable qu'il y ait en Europe ceux qui comptent les morts et ceux qui comptent les dollars. Keystone

Le ministre italien des Finances accuse une nouvelle fois la Suisse de couvrir la contrebande de cigarettes. Même son de cloche du côté du magistrat qui a récemment démantelé un important trafic entre le Monténégro, la Suisse et l´Italie.

Dans une interview publiée mardi dans le quotidien milanais «Il Giorno», Ottaviano Del Turco n’y va pas de main morte. Pour le ministre italien des Finances, il n’est plus concevable, en effet, qu’en Europe «il y ait ceux qui comptent les morts et ceux qui comptent les dollars».

L’allusion, à peine voilée, se réfère clairement au rôle de la Suisse dans le trafic international de cigarettes. Le ministre en veut pour preuve l’arrestation dimanche à l’aéroport de Milan du boss Emanuele Belfiore. «Tout le monde savait que ce Monsieur se rendait en Suisse pour réorganiser le blanchiment d’argent provenant de la contrebande, interrompu par la récente arrestation de Gerardo Cuomo, affirme-t-il. Or, ni Belfiore, ni Cuomo n’ont jamais été dérangés dans leurs trafics en Suisse».

«Certes, concède le ministre, une collaboration judiciaire a commencé entre les deux pays et elle s’est avérée positive avec presque tous les cantons, sauf celui du Tessin». Mais cela ne suffit pas. Pour Ottaviano Del Turco, la Confédération ne peut plus «considérer la contrebande de cigarettes comme il y a 40 ans, telle une activité sans importance sur laquelle fermer un œil. Aujourd’hui, ce trafic va de pair avec d’autres trafics bien plus mortels, tels les armes, la drogue et les clandestins, peste-t-il. Il est donc temps que la Suisse reconsidère sa position».

Quant à Giuseppe Scelsi, responsable de la Direction antimafia de Bari, à l’origine des principales enquêtes sur les trafics entre la Suisse et l’Italie, il va encore plus loin: «Si les Suisses nous aidaient, ou même les Américains, nous pourrions taper beaucoup plus haut», constate-t-il. Et de rappeler que la péninsule déverse vers les banques helvétiques un flux continuel d’argent sale. «Selon nos estimations, conclut-il, en cinq ans, ces dernières auraient reçu de la mafia italienne près de 2 milliards et demi de francs».

Dominique Muret, Milan

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