Tour de France: itinéraire d’un enfant gâté
Les coureurs ont quitté la Suisse laissant derrière eux de belles images. Mais quelques amertumes aussi. Certains cantons alémaniques ne veulent pas payer les frais. D'autres dénoncent la situation privilégiée du Tour de France.
La caravane passe. Derrière elle, les sourires des spectateurs. Mais pour ces instants magiques, il faut payer cher. Le Tour de France, c’est une Diva. C’est un honneur qu’il fait aux villes étapes. Il leur apporte quelques minutes de gloire et de présence sur les écrans du monde entier. Quand il arrive, il faut donc dérouler le tapis rouge.
«Quand le Tour de France vient en Suisse, on bouleverse tout, lance Marc Biver, directeur général du Tour de Suisse. On ferme des routes, on enlève des giratoires. Nous, par contre, nous devons pratiquement tout organiser seuls. Pas question de bouleverser le trafic pour le Tour de Suisse».
«Il y a deux poids, deux mesures. Tant mieux pour le Tour de France, poursuit Marc Biver. Mais on a déjà suffisamment de difficultés pour organiser des grands événements au niveau national en Suisse. Faute de moyens, faute d’ambition et faute de volonté politique».
Le Conseil fédéral met l’armée à disposition du Tour de Suisse. Mais il peut difficilement faire plus. Tout dépend des cantons. Et on comprend très vite pourquoi ils accordent des privilèges au Tour de France. L’impact médiatique n’est pas comparable. Les retombées économiques et touristiques sont intéressantes pour les communes qui accueillent la Grande Boucle.
«Certaines communes ne mettent même pas à disposition leur police pour assurer la sécurité du Tour de Suisse, dénonce encore Marc Biver. Pour le Tour de France, non seulement elles les mobilisent, mais en plus, elles paient la facture!»
Mais certains cantons alémaniques, traversés par le tour ce jeudi, ne veulent plus tout assumer. Argovie et Bâle-Campagne notamment pourraient envoyer une note de frais aux organisateurs de l’étape lausannoise.
Bâle-Campagne explique que sa loi sur la police l’oblige à adresser une facture en cas d’engagement extraordinaire. Le montant n’est pas encore connu. Mais il s’agirait d’un montant à cinq chiffres. Argovie veut également facturer ses prestations. Et la question n’est pas encore réglée avec le canton de Berne. Lausanne espère trouver un accord à l’amiable comme elle le fait en ce moment avec les cantons romands.
Alexandra Richard
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