Travail forcé: la Suisse remet au juge Korman une liste de sociétés allemandes
Les Archives fédérales, à Berne, ont envoyé une liste d´entreprises allemandes au tribunal de New York compétent pour l´accord global sur les fonds en déshérence. Elle doit l´aider à déterminer l´indemnisation de travailleurs forcés de l´époque nazie.
La liste, qui n’a pas été publiée à ce jour, contient les noms de 2200 entreprises en mains allemandes, qui possédaient des avoirs en Suisse à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
La liste a été établie sur la base de documents de l’Office suisse de compensation, qui a contrôlé en 1945 tous les biens allemands en Suisse pour le compte du Conseil fédéral. Elle a été transmise en juin au tribunal du juge Korman, qui l’avait demandée pour établir le plan de répartition des 1,25 milliard de dollars de l’accord global.
Les travailleurs forcés devraient bénéficier d’une partie de cette somme. Il s’agit non seulement de ceux qui ont été employés par une filiale suisse en Allemagne, mais aussi de personnes ayant été contraintes de travailler pour une société allemande qui avait déposé son argent sur des comptes suisses.
Les Archives fédérales souhaitent que le tribunal de New York compare leur liste à ses propres informations au sujet des travailleurs forcés. Elles pourront ensuite contrôler le montant des avoirs déposés en Suisse par les entreprises concernées. Leur liste étant provisoire, les Archives fédérales ont demandé au tribunal de ne pas la publier telle quelle.
La liste a déjà suscité l’intérêt du Fonds de l’économie allemande pour les travailleurs forcés, qui entend réunir 10 milliards de marks pour les dédommager. Elle pourrait l’aider à retrouver des entreprises qui ont occupé des travailleurs forcés et existent encore. Le Fonds souhaite recevoir des contributions de ces sociétés.
swissinfo avec les agences
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