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Université d’été des droits de l’homme: une formule qui marche

L´Université d´été des droits de l´homme tire un bilan à nouveau positif d´une formule qui combine enseignement à distance et session genevoise. Sa conviction est faite que la défense des droits humains passe par la promotion d´une culture de la paix.

Michel Veuthey a passé une bonne trentaine d’années comme conseiller juridique au Comité international de la Croix-Rouge. Il est aussi l’un des nombreux spécialistes à faire partager son expérience en matière de protection des droits de l’homme. «La meilleure manière de garder le contact avec la réalité, dit-il, c’est de donner des cours: les étudiants qui viennent d’horizons différents apportent des cas concrets et posent des questions vitales».

Cette rencontre d’étudiants et d’enseignants de toutes cultures constitue aussi l’un des grands atouts de l’Université d’été car, avant même que le droit ne se mette en place, toutes les traditions du monde détiennent des valeurs essentielles à la vie et à la survie. Et ce dont on a surtout besoin aujourd’hui, poursuit Michel Veuthey, «ce n’est pas de rationalité, mais d’adhésion émotionnelle, voire spirituelle, à ces valeurs. Il importe donc de rassembler les énergies et les intelligences car, après tout, nous sommes tous dans la même barque».

«Notre public, explique Alfred Fernandez, président de l’Université d’été, est principalement formé d’acteurs». Entendez: des personnes engagées dans la défense des droits de l’homme, des étudiants, des fonctionnaires ou des militants d’ONG qui veulent prendre du recul par rapport à leur action. Trois exemples.

Guy est Congolais. Juriste, il dirige un modeste centre des droits de l’homme. Comme l’université de sa ville n’offre pas de programme de formation aux droits de l’homme, c’est à lui que s’adressent les étudiants intéressés par ces questions. «Si je me suis inscrit à l’Université d’été, c’est d’abord pour pouvoir leur apporter quelques réponses».

Véronique milite dans un comité de soutien au peuple tibétain. Ce qu’elle attend de sa participation à l’Université d’été, c’est de comprendre pourquoi les actions qu’elle mène avec son ONG n’aboutissent pas. Il ne suffit pas d’être militant. «Il faut avoir des connaissances juridiques, savoir comment s’y prendre pour qu’une pétition suive son cours».

Clovis est journaliste. Il aimerait comprendre un peu mieux le jeu complexe auquel les États, les organisations internationales et les ONG se livrent dans le domaine des droits de l’homme. De ce point de vue, Genève est un lieu quasi idéal: «au Palais des Nations, on peut assister à des réunions, observer le travail entre délégués et experts, voir concrètement comment fonctionne cette immense machine».

Il faut dire que le mois d’août, paradoxalement, s’y prête bien. Plusieurs organismes y tiennent session: sous-commission de la promotion et de la protection des droits de l’homme, comité pour l’élimination de la discrimination raciale, comité des droits économiques, sociaux et culturels, plus la commission du droit international. Pour l’Université d’été, c’est l’occasion rêvée d’allier apprentissage théorique et découverte des instruments internationaux.

A plus long terme, ses organisateurs visent le développement d’une «culture de la paix». Autrement dit, selon Alfred Fernandez, «une manière de vivre ensemble fondée sur le respect de l’autre et la compréhension: nous voulons aider les gens à réfléchir sur les valeurs d’une société fondée sur le dialogue, le respect des autres, la tolérance, etc.»

«On est tous des volcans, ajoute Michel Veuthey, et cette culture-là commence à l’intérieur de soi-même. On a tous une violence en soi et iI faut des efforts quotidiens pour la maîtriser, pour entretenir des rapports plus harmonieux avec les autres et avec soi-même».

Bernard Weissbrodt

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