Vache folle: controverse autour du dépistage suisse
A peine rendue publique, la décision française d'adopter le test suisse Prionics pour une grande campagne de dépistage de l'Encéphalopathie Spongiforme Bovine (ESB) suscite déjà des remous en France.
Personne ne remet vraiment en cause le choix du test helvétique. Même si certains spécialistes affirment que son concurrent français présentait de meilleures garanties de fiabilité. En revanche, d’aucuns remettent sérieusement en cause la méthodologie adoptée.
Ils s’interrogent principalement sur deux points. D’abord, sur la décision de ne pratiquer ce dépistage que sur des cadavres de vaches mortes (environ 40 000). Ensuite, sur le fait d’attendre l’automne prochain avant de communiquer au grand public les résultats obtenus par ce test de grande envergure.
Sur le premier point, la controverse est surtout alimentée par les syndicats. Ces derniers sont très conscients du fait que les cas d’ESB recensés grâce au test seront plus nombreux que prévu. (En Suisse, le dépistage en a révélé deux fois plus). Ils craignent que ces résultats suscitent l’inquiétude parmi les consommateurs.
Pire, pour les syndicats, le «black out» concernant les résultats de ce test risque d’alimenter des fuites durant tout l’été. Au risque de décupler le brouhaha médiatique sur ce sujet sensible.
Mais comme personne, au sein du gouvernement français, ne paraît prêt à s’aventurer dans une campagne de dépistage des vaches vivantes, ce compromis paraît, pour l’heure, assuré de tenir.
Richard Werli, Paris
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