Des échos nuancés sur le rapport Bergier

La presse suisse s'est montrée modérée dans ses commentaires. swissinfo.ch

Réactions en Suisse après la publication jeudi de la première partie du rapport final de la commission Bergier: la presse salue le travail accompli par les historiens. Les milieux économiques, tout comme les partis commentent avec modération. Seuls l'UDC, à droite, ainsi que l'ASIN, condamnent.

Ce contenu a été publié le 31 août 2001 - 14:34

«Sobre et objectif», c'est le jugement que pose la Neue Zürcher Zeitung sur les quelques 3000 pages des huit études publiées jeudi par la commission d'experts emmenée par le professeur Jean-François Bergier. Un travail qui, évalue encore le quotidien zurichois, a le mérite de livrer de «nombreuses connaissances nouvelles, qui établissent, en partie, de nouveaux standards pour la recherche».

L'image de la mosaïque

La Basler Zeitung, de son côté, utilise l'image de la mosaïque pour décrire la nouvelle image qui se dégage: «ses contours étaient à peu près connus, mais le fait de mettre, peu à peu, de plus en plus de pierres en place lui donne, même si ce n'est pas de façon spectaculaire, un tout nouveau visage.»

Tant le Bund que le Temps relèvent le calme dans lequel ces nouvelles études paraissent. «Beaucoup sont fatigués à force d'indignation», explique le journal bernois. Pour le Temps, «tout se passe comme si le balancier de notre perception avait désormais rejoint le point d'équilibre.» Et le quotidien de poursuivre, plus loin: « Nous sortons d'une logique binaire de lâches et de héros.»

Quant au Tages-Anzeiger, qui parle de «collaboration à la manière suisse», il avoue sa perplexité: «Pourquoi la Suisse, en particulier ses élites, n'a-t-elle pas réussi plus tôt à admettre ses erreurs et à s'occuper convenablement de ceux qui étaient visiblement lésés?»

L'UDC condamne

C'est du côté du monde politique, de la droite nationaliste, qu'il faut se tourner pour trouver des réactions très négatives aux publications de la commission. Tant l'ASIN, l'Association pour une Suisse indépendante et neutre, que l'Union démocratique du centre critiquent des «écrits accusateurs». L'UDC accuse les historiens d'avoir eu dès le départ un préjugé négatif à l'égard de l'attitude de la Suisse.

Le Parti démocrate-chrétien, lui, juge prématuré de prendre position. A noter que le Conseil fédéral s'est lui aussi abstenu de tout jugement, se contentant de remercier l'équipe d'historiens. Quant au Parti socialiste, il salue le sérieux du travail de la commission.

Les milieux économiques, de leur côté, en particulier les entreprises citées par la commission Bergier, se bornent généralement à remarquer l'absence de nouvelles révélations. Ainsi l'UBS, impliquée dans l'affaire Interhandel, se déclare satisfaite des conclusions du rapport qui la concerne.

swissinfo avec les agences

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