Des dizaines de personnes piégées dans le Gothard

Le lieu de l'accident, qui pourrait avoir tué jusqu'à 20 personnes. Keystone

Au moins dix personnes ont péri mercredi dans le tunnel du Gothard. A l'origine de ce drame, un choc frontal entre deux camions, suivi d'un incendie.

Ce contenu a été publié le 24 octobre 2001 - 19:11

Le pire est encore à venir. Selon le chef de la lutte contre les accidents chimiques du canton d'Uri, Benno Buehlmann, il pourrait y avoir fait jusqu'à 20 victimes. Plusieurs personnes, intoxiquées, sont mortes dans le tunnel.

L'accident s'est produit mercredi matin à environ un kilomètre de la sortie sud du tunnel, entre deux camions dont l'un transportait des pneus et des bâches qui se sont enflammés.

Le principal axe autoroutier nord-sud

Ce tunnel, l'un des plus long du monde (16,5 km) après celui de Laerdal en Norvège (24 km), est situé sur le principal axe autoroutier nord-sud de Suisse reliant l'Allemagne via Zurich aux grandes villes industrielles d'Italie, Turin et Milan notamment.

La plupart des passagers des voitures proches de l'accident ont réussi à quitter le tunnel, en faisant demi-tour ou en abandonnant leur véhicule et en rejoignant la galerie de secours, parallèle au tunnel routier.

Quelques-unes, en provenance de l'entrée nord du tunnel n'ont cependant pas réussi à s'éloigner rapidement du lieu de la collision et de l'incendie. La plupart des morts se comptent parmi les passagers de ces voitures, selon la police locale.

Selon les premiers éléments de l'enquête, le choc entre les deux camions a été suivi d'une forte explosion puis d'un incendie. Les entrées du tunnel ont alors immédiatement été fermées et les ventilations automatiquement mises en marche, selon l'ingénieur responsable du tunnel Mario Gagliari.

Une fumée âcre et noire

Quelques éléments de la structure du tunnel se sont détachés sur 250 mètres environ dont une partie sur des voitures. «Nous ne savons pas encore s'il y a des victimes parmi les passagers de ces voitures», a-t-il dit.

Les bouches d'évacuation de fumée rejetaient une fumée âcre et noire, ce qui a conduit les autorités à demander aux habitants du village de Airolo, à la sortie sud du tunnel, de rester cloîtrés.

Un officier de gendarmerie, Bruno Winkler, n'a pas exclu que l'un des véhicules accidentés contienne des produits chimiques.

Quelque 150 secouristes, pompiers et policiers ainsi que deux hélicoptères ont établi leur camp de base à Airolo, où sont reçus les blessés, pour la plupart intoxiqués par la fumée.

Ce tunnel monotube, disposant d'une galerie de secours sur toute sa longueur, a déjà fait l'objet de nombreuses polémiques en Suisse, certains étant partisans de le doubler afin d'éviter les traditionnels bouchons qu'il engendre, particulièrement au moment des vacances.

Moritz Leuenberger attristé

Mais cette solution est loin de faire l'unanimité en raison des effets de pollution, soulignent les adversaires du tunnel. Actuellement, seuls les camions d'un maximum de 27 tonnes peuvent circuler sur les routes suisses, à l'exception d'un contingent de 100 000 camions de 40 tonnes maximum par an.

La Suisse s'est lancée dans la construction de deux immenses tunnels sous les Alpes, l'un précisément sous le Gothard de 57 km de long, qui deviendra le plus long tunnel au monde, et l'autre de 35 km sous le Loeschtberg. Ils sont destinés uniquement au ferroutage.

Très touché, le président de la Confédération a assuré que le gouvernement allait tirer les conséquences de cet accident. Moritz Leuenberger s'est félicité que les systèmes de secours aient bien fonctionné, permettant selon lui d'éviter un bilan «encore plus lourd».

«Le tunnel du Gothard ne s'est pas refermé comme un piège, comme cela a été le cas dans le tunnel du mont Blanc», où un accident sur cet axe franco-italien avait fait 39 morts en mars 1999 et qui est fermé depuis.

swissinfo avec les agences

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