Aujourd’hui en Suisse
Avez-vous aussi, chers abonnés, décidé de passer votre retraite sous des latitudes plus aimables en termes de coût de la vie?
C'est le cas d'un couple d’Argoviens parti s'installer au Costa Rica, dont nous vous racontons l'histoire. Il sera aussi question de résistance aux antibiotiques, un remède délaissé par les pharmas et des colonies israéliennes, toujours illégales selon Berne.
Bonne lecture,
Fuir au Costa Rica pour ne pas tomber à l’aide sociale. C’est l’histoire vécue par Kati et Peter Diethelm, un couple proche de la retraite qui a décidé de quitter le canton d’Argovie pour la vallée centrale du Costa Rica.
Ils ne pouvaient tout simplement plus se permettre de vivre en Suisse: Kati recevait une demi-rente de l’assurance-invalidité (AI) après deux burn-out et Peter a cessé de travailler après une opération infructueuse de la hanche. Depuis qu’ils ont émigré, les Diethelm ont à nouveau le temps de s’occuper du ménage, de lire, d’écrire, de jardiner et de découvrir les alentours, sans soucis d’argent.
Kati confie: «La fin de notre combat financier pour exister en Suisse a été un grand soulagement».
C’est une tendance générale, confirme le Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ (KOF) dans son bulletin du mois de novembre: «Au cours des dernières années, l’émigration n’a cessé de s’accroître. En 2018, 1,5% de la population résidente de Suisse a émigré, soit 130 000 personnes, dont près de 30% avaient plus de 50 ans.»
Et le KOF de préciser: «Il apparaît notamment que les départs se multiplient à l’âge précis de 64 ou 65 ans. Cela suggère qu’un certain nombre de Suisses émigrent à l’étranger pour y passer leur retraite. Dans ce contexte, ce n’est donc pas un hasard si parmi les destinations privilégiées figurent aussi des pays exotiques comme la Thaïlande et le Brésil. En vérité, la Thaïlande est même la quatrième destination d’émigration préférée des Suisses âgés de 50 à 69 ans.»
- L’histoire de Kati et Peter Diethelm racontée par Melanie Eichenberger
- L’émigration à son plus haut niveauLien externe depuis les années 1970, selon le KOF
- Découvrez tous nos articles consacrés à la 5e Suisse
Plus
C’est la Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques, l’occasion pour l’OMS de sensibiliser l’opinion publique à la résistance aux antibiotiques, un problème croissant de santé publique.
L’OMS estime à 700 000 le nombre de décès annuels liés aux résistances aux antibiotiques. «C’est une urgence sanitaire», déclare le médecin genevois Benedikt Huttner à la RTS. Avant d’ajouter : «il ne faut pas oublier qu’il y a encore des millions de décès aussi d’enfants qui n’ont pas accès aux antibiotiques.»
Face à cette urgence, des chercheurs britanniques estiment que la production d’antibiotiques doit être prise en charge par le secteur public, les grandes sociétés pharmaceutiques ayant échoué à faire face à ce phénomène de résistance.
Or, nous apprend la RTS, les pharmas sont en train de se détourner des antibiotiques faute de rentabilité. Et de citer l’exemple de Novartis qui «a fermé l’an dernier son laboratoire de recherche sur le développement de nouveaux antibiotiques, renonçant du même coup à ses projets de développement d’antibiotiques capables de détruire les superbactéries.»
- La semaine consacrée aux antibiotiques de l’OMSLien externe
- Big Pharma has failedLien externe in The Conversation (angl.)
- L’article de la RTS sur les pharmasLien externe
«Les colonies israéliennes de peuplement sont illégales au regard du droit international. Elles constituent également un obstacle majeur à la paix et à la mise en œuvre d’une solution à deux États. »
C’est le rappel qu’a tenu à faire ce mardi le ministère suisse des Affaires étrangères (DFAE), après les déclarations du chef de de la diplomatie américaine Mike Pompeo.
Le secrétaire d’Etat des USA estime que «l’établissement de colonies de civils israéliens en Cisjordanie n’est pas en soi contraire au droit international». Et d’ajouter: «La vérité, c’est qu’il n’y aura jamais de solution judiciaire au conflit, et que les débats sur qui a raison et qui a tort au regard du droit international n’apporteront pas la paix.»
La Suisse a donc réagi dans les mêmes termes que l’Union européenne qui a déclaré que «toute activité de colonisation est illégale au regard du droit international et compromet la viabilité de la solution à deux Etats et les perspectives d’une paix durable.» Une solution à deux Etats qui apparaît de plus en plus chimérique.
Travailler 15 heures par jour et vivre dans des baraquements, éloigné de sa famille. Voici le quotidien de nombreux saisonniers en Suisse jusque dans les années 2000. Une exposition revient sur leur histoire.
«Nous, saisonniers, saisonnières… Genève 1931-2019» expose des photos, des documents et des témoignages au Musée d’art moderne et contemporain de Genève, afin de rappeler les conditions pénibles endurées par ces travailleurs précaires. Généralement des Italiens, des Espagnols, des Portugais et des Yougoslaves.
Le statut de saisonnier a disparu en 2002 avec l’entrée en vigueur de la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’Union européenne. Mais l’exploitation des travailleurs et le dumping n’a pas pris fin pour autant, indique l’exposition, qui se termine avec un coup de projecteur sur les milliers de femmes sans-papiers employées comme gouvernantes à Genève.
Les saisonniers qui sont restés en Suisse ont pour la plupart réussi une intégration qualifiée aujourd’hui de modèle. Les Italiens font désormais «partie des meubles». Certains vous diront même qu’ils se sentent plus suisses que les Suisses.
- Notre article sur l’exposition genevoise consacrée aux saisonniers
- Retour sur l’histoire de la communauté italienne en Suisse
- Le travail saisonnier en SuisseLien externe, du Moyen-Age à nos jours, sur le Dictionnaire historique de la Suisse
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