Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, chers compatriotes du pays et du monde,
Les Suisses se méfient des transports publics et réapprennent à faire du vélo. La pandémie a dopé la petite reine dans les villes et même dans les campagnes. Reste à voir si la tendance sera durable.
Durable, un contrat à durée limitée ne l’est pas par définition. C’est la pénible expérience que font de nombreux universitaires suisses au sortir du confinement.
Nous parlerons aussi d’une arnaque aux aides d’Etat et de la contribution suisse à la recherche sur le blé, céréale nourricière d’une bonne partie de l’humanité.
Excellente lecture,
Avec la pandémie, les transports publics sont en chute libre alors que le vélo s’envole littéralement. Ce grand retour de la petite reine sera-t-il durable? Cela dépendra essentiellement des efforts d’aménagement de pistes cyclables.
«C’est impressionnant de voir le nombre de gens qui n’étaient plus montés sur un vélo depuis des années et qui en éprouvent soudain le besoin», témoigne un marchand de cycles de la région bernoise. «Certains clients nous sont reconnaissants de remettre en état les vieux vélos qu’ils n’avaient plus sorti de la cave depuis une éternité».
«Il est bien possible que certains pendulaires se rendent au travail à vélo pour éviter les transports publics», estime Jörg Beckmann, sociologue des transports. En quelques endroits des villes, les grappes de vélos ont remplacé les habituelles colonnes de voitures.
L’avenir dépendra toutefois du développement des pistes cyclables. A la suite de l’acceptation d’une initiative populaire, la Suisse vient de se doter des bases légales pour en améliorer la qualité et la sécurité.
- L’article de mes collègues Peter Siegenthaler et Pauline Turuban
- «La pandémie remet en question notre modèle de mobilité», l’article de mon collègue Andrea Tognina
- Les chiffresLien externe du coronavirus en Suisse, mis à jour en permanence
- Notre dossierLien externe sur la pandémie en Suisse
Dans les universités suisses, la crise du coronavirus met en péril de nombreux collaborateurs sous contrat à durée limitée. Ils réclament des prolongations, mais la revendication tourne au casse-tête bureaucratique.
Huit universitaires sur dix, enseignants, doctorants et chercheurs sont concernés. Un chiffre qui met en lumière une précarité peu connue dans le monde académique helvétique.
Les universitaires n’ont pas tous pu passer au télétravail. Celles et ceux qui étaient engagés dans une recherche sur le terrain, en Suisse et plus encore à l’étranger, ont bel et bien dû s’arrêter pendant le confinement.
Elles et ils demandent maintenant des prolongations de contrats. Et les réponses sont diverses selon les universités. Coup de sonde à Lausanne, Fribourg, Genève et Zurich.
- L’article de mon collègue Alain Meyer
Comme toute crise, celle du coronavirus génère ses profiteurs. Les autorités vaudoises ont ouvert une enquête pour fraudes présumées aux crédits destinés à atténuer les conséquences économiques de la pandémie. Plus d’un million et demi de francs auraient été transférés à l’étranger.
Mardi dernier, le Parquet a lancé une vaste opération tendant à interpeller plusieurs individus. Les locaux de plusieurs entreprises ont été perquisitionnés. «Plusieurs types de sociétés sont concernées, plutôt des PME», a dit le procureur, sans donner davantage de précisions, secret de l’instruction oblige.
De nombreux comptes ont été bloqués et une personne se trouve en détention. Les auteurs présumés sont suspectés d’avoir obtenu des aides totales de plusieurs millions de francs auprès de diverses banques sur la base de déclarations mensongères.
Pour l’heure, cette arnaque concerne essentiellement le canton de Vaud. Le procureur «n’a pas connaissance», à ce stade, de fraude plus importante en Suisse. Mais «on parle de soupçon, d’éléments douteux», insiste-t-il.
- Le reportageLien externe de RTS Info
- Les masques et le désinfectant ont aussi donné des idées à d’autres profiteurs du coronavirus. Daté de début avril déjà, l’article de mon collègue Daniel Mariani
- «La Suisse invitée à s’endetter davantage pour soutenir son économie», l’article de mes collègues Samuel Jaberg et Pauline Turuban
Le blé, ce n’est pas juste du blé. Rien qu’en Suisse, les sélectionneurs en développent 57 variétés différentes. Un enjeu majeur face à la faim dans le monde. Car le blé est, avec le riz et le maïs, l’une des trois grandes cultures fournissant plus de la moitié des calories consommées dans le monde.
Partout, les céréales sont menacées par les maladies, les parasites et l’urgence climatique. Le défi est d’avoir rapidement plus d’espèces végétales, et davantage de variétés résistantes au sein de ces espèces.
Chaque nouvelle variété de blé représente entre dix et quinze ans de travail de sélection. Mais les nouvelles méthodes high-tech pourraient bien raccourcir ce processus de plusieurs années. Bonne nouvelle, car le temps presse.
On parle ici de sélection génomique, une méthode sans modification génétique, qui permet de prédire les caractéristiques d’une plante donnée. On connaîtrait ainsi rapidement le rendement, la qualité et la résistance des nouvelles plantes, en s’épargnant les laborieux essais en plein champ.
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