Aujourd’hui en Suisse
Bien le bonjour, chers lecteurs,
Un crédit à cinq ou six chiffres en dix minutes, sur la base d’une simple demande en ligne? Cela n’existe qu’en temps de pandémie. Deux mois après l’annonce de ces mesures exceptionnelles de soutien aux entreprises, les Suisses se montrent bien raisonnables, puisque seuls 15 des 40 milliards de francs ainsi débloqués ont été utilisés.
Des crédits par contre, la compagnie EasyJet n’en a pas obtenu de Berne. Elle annonce la suppression de 4500 postes. Au menu également: une plongée dans les affaires de la FIFA, qui reviennent à la une avec la procédure de révocation du procureur de la Confédération.
Bonne lecture,
15 milliards de francs, répartis entre 125’000 entreprises. C’est le montant des crédits exceptionnels coronavirus qui ont été accordés à ce jour en Suisse. Il y a donc encore de la réserve, et s’il y a eu quelques fraudes, elles restent rares.
La demande se fait en ligne et ne prend pas plus de dix minutes. On peut demander jusqu’à 20 millions de francs, mais l’immense majorité des dossiers portent sur des sommes bien moindres, 100’000 francs en moyenne. Elles émanent de petites, ou très petites entreprises.
La mesure restera en vigueur encore pendant deux mois, et il reste 25 milliards à disposition. En pratique, ce sont les banques qui avancent cet argent, mais les prêts sont garantis par la Confédération.
Bien sûr, cette manne a aussi attiré quelques fraudeurs. Les autorités estiment que moins d’une demande sur mille émanait de personnes qui n’avaient pas droit à cet argent. Mais la justice pourrait démasquer d’autres arnaques à l’avenir.
- L’article de mon collègue Riccardo Franciolli
- Les chiffres du coronavirus en Suisse, mis à jour quotidiennement
- Notre dossier sur la crise du coronavirus
easyJet, dont les avions sont cloués au sol comme les autres, va supprimer 4500 postes, soit près d’un tiers de ses effectifs. La compagnie low cost britannique est très présente en Suisse, où les conséquences de cette restructuration sont encore incertaines.
La compagnie rejoint ses concurrentes British Airways, Ryanair ou Virgin Atlantic, qui ont toutes annoncé des suppressions de postes. Pour les justifier, easyJet explique que sa flotte va être réduite en raison de la baisse d’activités, mais aussi qu’elle doit optimiser son réseau et améliorer sa productivité.
Les avions au logo orange et blanc constituent presque la moitié du trafic à l’aéroport de Genève. Selon les syndicats, des licenciements en Suisse sont inévitables. Berne n’a pas alloué d’aide publique à la compagnie britannique.
- L’articleLien externe de RTS Info
- Le Parlement veut aider Swiss à reprendre son envol, l’article de mon collègue Armando Mombelli
Du jamais vu en Suisse: une procédure de révocation contre le procureur général de la Confédération. En toile de fond, l’affaire, ou plutôt LES affaires de la FIFA. Domiciliée en Suisse, l’instance dirigeante du football mondial alimente souvent la chronique judiciaire. Rappel des 25 procédures ouvertes en lien avec elle.
Tout commence par une descente de police, digne d’un polar à l’américaine. Le 27 mai 2015, les agents débarquent dans un palace zurichois et arrêtent sept dirigeants de la FIFA, soupçonnés d’avoir accepté des dessous de table de plus de 150 millions de dollars. Les images font le tour du monde.
Après ce premier coup d’éclat, le Ministère public de la Confédération lance une série d’investigations sur des soupçons de corruption et de gestion déloyale au sein de la FIFA. Pas moins de 25 affaires pénales de poids divers ont été ouvertes depuis 2015.
Les résultats sont minces: le seul procès qui a pu s’ouvrir a dû être interrompu pour cause de coronavirus, et les faits sont désormais tombés sous le coup de la prescription. Quant au procureur Michael Lauber, il est sous le coup d’une procédure de révocation en raison de ses rencontres secrètes avec le président de la FIFA, le Suisse Gianni Infantino.
- L’article de ma collègue Marie Vuilleumier
- Le procès pour malversations en marge de la Coupe du monde 2006 mort-né à cause du coronavirus, la dépêche de Keystone-ATS, sur notre site
Une des grandes plumes de swissinfo.ch part en retraite. Nous nous sommes amusés à poser à Peter Siegenthaler les mêmes questions qu’il posait à ses «victimes». Une fois n’est pas coutume: nous vous faisons pénétrer aujourd’hui dans les coulisses de votre média favori.
Il incarne une forme de rigueur journalistique. Mais rigueur ne veut pas dire rigidité. Malgré son humour volontiers au second degré, il est une chose avec laquelle Peter ne rigole pas: l’éthique professionnelle.
Vérifier ses sources, ne pas mélanger le fait et le commentaire, toujours garder son indépendance: combien de fois ne nous a-t-il pas répété ces principes, dans ses interventions lors de nos séances de rédaction.
Aujourd’hui, son chef lui fait le coup de l’arroseur arrosé. Et ses réponses sont à son image: Peter ne prétend détenir aucune vérité. Il la cherche toujours.
- L’interview de Peter Siegenthaler, par notre chef de la rédaction suisse Balz Rigendinger
- Les poules caquettent en première classe. Comment choisir UN article sur 13 ans d’une production abondante et éclectique? Parmi ceux que j’ai eu la chance de traduire, ce texte de Peter Siegenthaler me plaît particulièrement
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