Aujourd’hui en Suisse
Bonjour la Suisse et le monde,
Alors que la Suisse entière – que dis-je, le monde entier – a les yeux tournés vers Genève, difficile de vous parler d’autre chose que du Sommet Biden-Poutine. Nous avons jeté un regard en arrière, vers les précédentes rencontres entre ceux qui étaient alors les deux grands: Eisenhower-Khrouchtchev en 1955 et Reagan-Gorbatchev en 1985. Des résultats maigres, mais la force du symbole. L’histoire se répète.
Et puis oui, on peut aussi parler d’autre chose: de chômage et de reprise économique peut-être trompeuse.
Bonne lecture,
Genève est pratiquement en état de siège: quartiers bouclés, trafic perturbé, espace aérien fermé. Le Sommet mobilise des ressources exceptionnelles pour garantir la sécurité.
Près de 95% des effectifs de la police cantonale sont mobilisés, soit environ 2000 personnes. Elles seront épaulées par 900 renforts des polices fédérale et de tous les cantons, sans oublier la protection civile, les agents municipaux et l’armée, qui fournit 1000 hommes.
Joe Biden a atterri à Genève à 16h23. Il va rencontrer durant quelques minutes le président de la Confédération Guy Parmelin et le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis. Les observateurs saluent l’opportunité pour la Suisse, même s’il ne faut pas s’attendre, selon eux, à régler des problèmes bilatéraux sous ce format. Mercredi, les deux conseillers fédéraux rencontrent également Vladimir Poutine.
Si la presse américaine se montre très prudente, les médias russes prédisent un triomphe diplomatique. Le quotidien Le Temps joint à sa revue de presse un survol des médias chinois, qui suspectent surtout une manœuvre américaine pour éloigner Moscou de Pékin.
1955, 1985, 2021: Joe Biden est le troisième locataire de la Maison Blanche à rencontrer son homologue du Kremlin à Genève. Tenus eux aussi dans un contexte de tension, les sommets Eisenhower-Khrouchtchev et Reagan-Gorbatchev n’avaient pas donné de résultats immédiatement concrets. Et cette fois encore, on n’attend pas grand-chose.
- Le suivi minute par minuteLien externe de RTS Info
- Le dossier du SommetLien externe – RTS Info
- Plongée interactive dans Genève barricadéeLien externe – l’animation du Temps
- Ce qu’en attendent la presse américaine, russe et chinoiseLien externe – l’article du Temps (abonnés)
- De fortes tensions, des résultats mitigés – l’article historique de ma collègue Geraldine Wong Sak-Hoi
Jusqu’ici, l’obligation d’annoncer les postes vacants n’a pas eu d’effet significatif sur le chômage, ni sur l’immigration. Cette mesure, entrée en vigueur en 2018, représente une application atténuée de l’initiative de l’UDC (droite conservatrice) dite «Contre l’immigration de masse».
L’objectif est d’encourager le potentiel de la main-d’œuvre nationale. Peu d’effets donc, mais le Secrétariat d’État à l’économie (SECO), se basant sur deux études, indique que le taux de chômage est de toute façon resté bas dans la période sous revue, qui correspond à la phase d’introduction de la mesure, de l’été 2018 à fin 2019.
«Il se peut dès lors qu’avec le temps cette mesure, encore jeune, sera davantage mise à profit par les offices régionaux de placement, les employeurs et les demandeurs d’emploi», écrit le SECO.
- L’articleLien externe de RTS Info
- Le communiquéLien externe du SECO
- Comment un projet sur l’immigration devient une réglementation sur le chômage – de nos archives – décembre 2016, par mon collègue Peter Siegenthaler
L’économie suisse déjà sortie de la crise? Prudence, répondent le SECO et la banque Credit Suisse, dont les prévisions conjoncturelles s’accordent: le rebond actuel pourrait ne pas durer.
Deux états des lieux, par deux groupes d’experts différents, mais un même propos, entre optimisme et circonspection. D’une part, de nombreux indicateurs sont au vert, mais de l’autre, la pandémie ou les relations Suisse-Union européenne pourraient bien enrayer la machine économique.
Si la croissance devrait encore dépasser 3,5% cette année, les experts sont plus réservés pour 2022. Le SECO table sur 3,3%, alors que Credit Suisse prévoit un net tassement, à 2,2%.
- L’articleLien externe du Temps (libre accès)
- La Suisse a pu limiter la casse malgré le Covid-19, selon le FMI – SWI/Keystone/ATS – 7 avril 2021
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