Le jour d’après
Bonjour à vous, Suissesses et Suisses du monde,
De quoi le pays peut-il bien parler au lendemain d’élections qui ont apporté des bouleversements dans le paysage politique comme on n’en avait pas connu de mémoire de citoyen?
Poser la question, c’est y répondre.
Excellente lecture,
La vague verte aura été plus forte que prévu. Les écologistes historiques deviennent la quatrième force du Conseil national, avec 28 sièges, selon les résultats définitifs.
Les 16 Verts libéraux ne sont certes pas exactement de la même famille, mais leur poussée montre qu’à droite et au centre, on se soucie aussi d’écologie.
Tous les partis gouvernementaux reculent. Si le PDC limite les dégâts, le PS, le PLR et plus encore l’UDC mordent la poussière.
- L’article de notre rédaction avec celles de la RTS: les résultats détaillés
- La carte des résultats, canton par canton, commune par commune
- Six graphiques de ma collègue Alexandra Kohler pour mieux mesurer l’ampleur de la poussée des Verts – et des femmes – dans le nouveau Parlement
Un Vert au Conseil fédéral? La pure arithmétique rendrait la chose possible, même s’il faudra encore attendre les deuxièmes tours au Conseil des États, où là aussi, les Verts devraient progresser.
Mais attention, nous sommes en Suisse ! On ne bouleverse pas si facilement les équilibres établis. Le gouvernement sera soumis à réélection en décembre, mais aucun membre en place n’a annoncé son retrait.
Les Verts trouveront-ils les alliances nécessaires pour attaquer cette année déjà? Ou laisseront-ils passer un tour? La question ne va pas manquer d’agiter la classe politique ces prochaines semaines.
Logiquement, si un portefeuille gouvernemental devait changer de mains, ce serait un de ceux du PLR. Mais ses deux ministres sont des nouveaux au Gouvernement, pas décidés du tout à tirer leur révérence.
- L’article de ma collègue Katy Romy, avec la RTS et les agences
Et maintenant, que vont-ils faire? La vague verte va-t-elle changer radicalement la vie des Suisses?
21% des Suisses ont voté écologiste (Vert et Vert libéral), mais c’est loin de faire une majorité, dans un pays où aucun parti ne gouverne seul et où au final, le peuple a toujours le dernier mot.
Les vainqueurs d’hier devront trouver de nouvelles alliances, dans un Parlement dont la majorité reste quand même à droite. Ceux qui attendent le Grand Soir risquent d’être déçus.
Cela dit, le nouveau Parlement n’est pas seulement plus vert, il est aussi plus féminin et plus jeune. Il semble donc à même de résoudre certains blocages.
- L’analyse de mes collègues Larissa M. Bieler (rédactrice en chef) et Balz Rigendinger (chef de la rédaction suisse)
La vague verte a retenti au-delà de nos frontières. La presse étrangère commente aussi les élections suisses.
Les journaux insistent sur l’«effet Greta». Comme leurs coreligionnaires européens, les Verts suisses sont portés par la vague de préoccupation pour le climat.
Certains pointent également du doigt le manque de vision de l’UDC. La peur des migrants et de l’UE ne font plus recette, le parti souverainiste paie sa fixation sur des thèmes qui ne paraissent plus vraiment porteurs.
- La revue de presse de notre rédaction
Vous aviez le droit de prendre part aux élections législatives, mais vous n’avez pas pu? Cela semble être le cas de nombreux Suisses de l’étranger. Leur frustration est profonde, comme le montrent les réactions sur notre app et sur les réseaux sociaux.
Les premières vagues sont arrivées la semaine dernière. Ici et là, des Suissesses et des Suisses de l’étranger se sont plaints de se voir quasiment exclus des élections. Les protestations se sont faites plus vives au cours du week-end.
La Suisse a totalement suspendu les essais de vote électronique, pour des raisons de sécurité. Le dilemme, c’est que si des citoyens sont exclus du processus électoral , la crédibilité de la démocratie suisse en souffre d’une manière ou d’une autre.
On verra dans les semaines et les mois à venir si vos protestations trouvent suffisamment d’écho pour que vous puissiez participer aux votations et aux élections sans barrières. Exprimez-vous!
Un bon moyen serait de lancer le hashtag #EVotingPlease. Car c’est en général ainsi que se terminent vos commentaires. Comme celui de Liliane Blume Hochuli à Kota Kinabalu: «Hélas, en Malaisie, nous recevons le matériel de vote après la votation. E-voting please!» Ou de Christoph Clausen: «J’aimerais beaucoup voter, mais en Egypte, le courrier n’arrive pas. E-voting please!»
- Vous voulez vous exprimer via l’app? répondez à la question ci-dessous.
- La discussion se tient aussi sur FacebookLien externe
- Le Conseil des Suisses de l’étranger se mobilise également en faveur du vote électronique
- A moins que le solution soit dans l’impression du bulletin de vote à domicile, possibilité qu’explore l’article de ma collègue Katy Romy
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