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Votation fédérale Débâcle dans les urnes pour la taxe sur l’énergie



Selon le gouvernement, l’acceptation de l’initiative aurait pu faire monter le litre d’essence à 3 francs. Sur certaines affiches de campagne, on l’avait même promis à 5 francs!

Selon le gouvernement, l’acceptation de l’initiative aurait pu faire monter le litre d’essence à 3 francs. Sur certaines affiches de campagne, on l’avait même promis à 5 francs!

(Keystone)

La Suisse ne remplacera pas la TVA par une taxe sur l'énergie. Les Suisses ont balayé dimanche sur un score quasiment historique (92%) la première initiative populaire des Verts’libéraux. Le gouvernement prend acte, lui qui entend de toute façon taxer l’énergie. Mais pas aussi brutalement.

La gifle de dimanche à l'initiative «Remplacer la taxe sur la valeur ajoutée par une taxe sur l'énergie» ne décourage pas Eveline Widmer-Schlumpf. Selon la ministre des Finances, ce non ne marque pas le refus de toute réforme de la taxation. Le gouvernement présentera dans les prochaines semaines un projet basé sur la stratégie des petits pas.

Le modèle qui sera retenu devra être soutenable pour l'économie et les ménages. Le produit de la taxe devrait revenir à la population. Cette deuxième étape de la Stratégie énergétique 2050Lien externe sera bientôt mise en consultation. Le peuple devrait pouvoir se prononcer l'année prochaine. Mais uniquement sur les grands principes.

Selon Eveline Widmer-Schlumpf, le grand défaut de l'initiative des Vert'libéraux est de s'être attaqué à la TVA, qui représente un tiers des recettes de la Confédération et est bien acceptée. Pour remplacer la taxe sur la valeur ajoutée, il aurait fallu lourdement taxer l'énergie.

Gifle historique

Et cette crainte a fait l’effet d’un vrai repoussoir. L'initiative a frisé le record. Il faut remonter à 1929 pour trouver un aussi mauvais résultat. L'initiative pour l'approvisionnement du pays en blé n'avait alors récolté que 2,7% de oui. Et, fait plutôt rare, 33 communes suisses (dont 16 de Suisse romande) ont refusé la proposition des Verts’libéraux à 100%.

De peur de voir le prix de l’essence s’envoler, la très large majorité des Suisses n'a pas hésité. Seuls quelque 175'700 citoyens ont glissé un oui dans l'urne alors que plus de 2 millions ont voté non. Les moins sceptiques ont été les Bâlois de la Ville avec quand même 86% de refus. Ils sont suivis des Schaffhousois et des Zurichois (89,1% dans les deux cas). Partout ailleurs le taux de rejet dépasse les 90%. Avec 42%, la participation est restée faible.

«Minée par le franc fort»

La taxe sur l'énergie a été victime de la suppression du taux plancher et du «mensonge d'Eveline Widmer-Schlumpf sur l'augmentation de l'essence à 5 francs», a critiqué Laurent Seydoux, vice-président des Verts'libéraux. Très déçu par les résultats, il attend à présent les propositions des autres partis.

Pour le reste, il ne pense pas que cette large défaite aura un effet trop négatif sur les résultats de son parti lors des fédérales cet automne. «On a montré qu'on peut aller jusqu'au bout de nos idées. Nous avons gagné en crédibilité par rapport aux enjeux climatiques», a estimé Laurent Seydoux.

Vote électronique

La votation du 8 mars a vu le canton de Glaris proposer pour la première fois le vote électronique à ses électeurs suisses de l'étranger. Zurich a, pour sa part, repris ses essais, suspendus en 2011. C’est également la première fois qu’on a utilisé de nouveaux systèmes, qui permettent la vérifiabilité individuelle.

En tout, 14 cantons ont offert la possibilité de voter par voie électronique à 194’000 électeurs au total. Les cantons de Genève et de Neuchâtel ont donné cette possibilité non seulement à leurs électeurs suisses de l'étranger, mais - cette fois-ci également - à leurs électeurs de l'intérieur. Douze autres cantons (Zurich, Berne, Lucerne, Glaris, Fribourg, Soleure, Bâle‑Ville, Schaffhouse, Saint-Gall, Grisons, Argovie et Thurgovie) n'ont offert cette possibilité qu'aux Suisses de l'étranger.

(source: Chancellerie fédérale)

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«Un signal important pour l'industrie suisse»

Côté patronal, en revanche, c’est la satisfaction. Dans un communiqué, economiesuisse se félicite de ce résultat, «car l'initiative aurait pesé sur une place industrielle suisse se trouvant déjà dans une situation difficile et créé de nouvelles incertitudes».

«Le résultat du vote doit également être pris en considération dans le débat sur la stratégie énergétique et l'introduction d'un système d'incitation en matière d'énergie, poursuit l’organisation patronale. Dans l'actuel contexte économique difficile, l'économie suisse n'a pas besoin de charges supplémentaires, mais d'un moratoire sur les coûts». 

Défaite annoncée

«Avec la décision de la Banque nationale de laisser tomber le taux plancher face à l’euro, la Suisse a changé» a commenté pour sa part Claude Longchamp, directeur de l’Institut de sondage gfs.bern. Depuis cette date, les Suisses «ne veulent pas faire d’expérimentations» et limiter les dégâts. «Et la campagne a eu lieu exactement dans ce sillage».

Avant même l’ouverture des bureaux de vote, il était clair que l’initiative, avec ses exigences simples mais radicales, n’avait aucune chance. A deux semaines du vote, les sondages de gfs.bern pour le compte de la SSR prédisaient que 73% des Suisses allaient la refuser. Au final, il sont presque 20% de plus.

swissinfo.ch avec les agences

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