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Venezuela: Delcy Rodríguez, une présidente par intérim sous sanctions suisses

Delcy Rodríguez a prêté serment lundi en tant que présidente par intérim du pays, après que le président Nicolás Maduro a été capturé de force le 3 janvier lors d’une opération militaire américaine contre la nation sud-américaine.
Delcy Rodríguez a prêté serment lundi en tant que présidente par intérim du pays, après que le président Nicolás Maduro a été capturé de force le 3 janvier lors d’une opération militaire américaine contre la nation sud-américaine. Xinhua News Agency.all Rights Reserved

Désignée par la Cour suprême vénézuélienne présidente par intérim du Venezuela, après la capture du président Nicolás Maduro par les États-Unis, Delcy Rodríguez figure sur la liste des personnalités politiques sous sanctions de la Suisse.

Delcy Aloina Rodríguez Gómez, une juriste âgée de 56 ans qui assure l’intérim du pouvoir au Venezuela depuis le 3 janvier, fait partie des figures politiques sanctionnées par la Suisse depuis 2018.

Delcy Aloina Rodríguez Gómez ainsi que 68 de ses collègues – notamment le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello – sont soumis à un gel de leurs avoirs et une interdiction de voyager en Suisse. «Ses actions au sein de la Commission présidentielle, puis en tant que présidente de l’Assemblée constituante illégitime, ont porté atteinte à la démocratie et à l’État de droit au Venezuela, notamment en usurpant les pouvoirs de l’Assemblée nationale et en les utilisant pour cibler l’opposition et l’empêcher de participer au processus politique», estiment les autorités helvétiques.Lien externe

Depuis le 28 mars 2018, le Conseil fédéral a par ailleurs arrêté un embargoLien externe à l’encontre du Venezuela sur les biens d’équipement militaire et les biens susceptibles d’être utilisés à des fins de répression.

La SuisseLien externe s’est ainsi ralliée aux sanctions de l’Union européenne après que le régime de Nicolas Maduro et Delcy Rodríguez a démantelé l’Assemblée nationale, élue deux ans plus tôt et dominée par l’opposition, ainsi qu’à la suite des manifestations qui ont suivi, faisant plus de 100 morts en 2017.

Le 5 janvier dernier, le Conseil fédéral a par ailleurs décidé de bloquer avec effet immédiat les éventuels avoirs en Suisse de Nicolás Maduro et de 36 personnesLien externe qui lui sont liées.

>> En savoir plus sur le blocage des avoirs de Nicolas Maduro et de ses proches:

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Le Conseil fédéral bloque les éventuels avoirs de Nicolas Maduro

Ce contenu a été publié sur Le Conseil fédéral a décidé lundi de bloquer avec effet immédiat les éventuels avoirs en Suisse du président vénézuélien déchu Nicolas Maduro et d’autres personnes qui lui sont liées. Il entend ainsi éviter que des avoirs acquis de manière illicite quittent la Suisse.

lire plus Le Conseil fédéral bloque les éventuels avoirs de Nicolas Maduro

Les craintes face à l’état d’exception

Sur place, les craintes de répression et violation des droits humains se sont encore accrues ces derniers jours. Depuis l’attaque des États-Unis et la capture spectaculaire de Nicolás Maduro le 3 janvier, les autorités vénézuéliennes ont en effet décrété «l’état de troubles extérieurs» dans le pays.

«L’état d’exception suscite des inquiétudes, car il autorise des restrictions à la libre circulation des personnes, la confiscation des biens nécessaires à la défense nationale et la suspension du droit de réunion et de manifestation, entre autres mesures», a averti ce mardiLien externe la porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, Ravina Shamdasani, depuis Genève.

«Les forces de police nationale, étatique et municipale sont chargées de procéder immédiatement, sur l’ensemble du territoire national, à la recherche et à l’arrestation de toute personne impliquée dans la promotion ou le soutien de l’attaque armée menée par les États-Unis d’Amérique contre le territoire de la République», indique le texte du décretLien externe, également disponible en français.

Un habitant passe devant une fresque représentant des pompes et des puits de pétrole à Caracas, Venezuela, mardi 6 janvier 2026.
Un habitant passe devant une fresque représentant des pompes et des puits de pétrole à Caracas, Venezuela, mardi 6 janvier 2026. Copyright 2026 The Associated Press. All Rights Reserved

Les gens parlent peu dans les rues et, s’ils le font, c’est à voix basse et avec méfiance. La peur de finir en prison pour s’être opposé au régime grandit. «Ici, il n’y a pas d’État de droit. C’est un autoritarisme assez sévère», indique une jeune femme depuis Caracas, qui préfère rester anonyme. Selon elle, la crise va s’aggraver et, avec elle, la répression.

La Suisse met en garde ses ressortissants

Le ministère suisse des Affaires étrangères (DFAE) avertit également des conséquences de l’entrée en vigueur du droit d’exception. «Ce décret autorise notamment les autorités publiques à contrôler les services publics et les installations stratégiques et à fermer les frontières et l’espace aérien», indique-t-il sur sa pageLien externe dédiée aux voyageurs et à la communauté suisse au Venezuela, qui compte quelque 800 membres.

Il est incertain que la sécurité puisse être garantie dans tout le pays après les opérations militaires menées le 3 janvier. La situation est très tendue et son évolution reste incertaine, souligne le DFAE. Des manifestations avec des affrontements violents sont possibles et des violences liées aux tensions politiques ont fait des victimes et des blessés à plusieurs reprises.

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Modéré par: Giannis Mavris

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En outre, il existe un risque que les voyageurs étrangers soient arrêtés, interrogés et détenus. L’assistance consulaire ne peut par ailleurs pas être garantie en cas de détention.

«Aux personnes suisses qui se trouvent dans le pays: tenez-vous au courant de l’évolution de la situation. Tenez-vous à l’écart des rassemblements de foule et des manifestations de tout genre et conformez-vous aux directives des autorités locales. Limitez vos déplacements à l’intérieur du pays au minimum indispensable et vérifiez au préalable les conditions de sécurité», conclut l’avertissement.

Offre de bons offices maintenue

Les autorités suisses ont réitéré à plusieurs reprises leur offre de bons offices, mais le régime l’a jusqu’à présent rejetée. Dans ces circonstances, l’offre reste en vigueur, mais Berne sait que la discrétion est primordiale dans ce type de crise.

>>>Nicolás Maduro, l’ancien président renversé par la force, n’a pas accepté en 2019 que la Suisse représente les intérêts de Washington à Caracas:

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Le gouvernement espagnol de Pedro Sánchez s’est quant à lui montré beaucoup plus offensif, en proposant publiquement son aide afin de créer les conditions d’une possible médiation et d’une résolution du conflit.

En ce qui concerne la Suisse, elle s’est forgé une réputation de puissance protectrice et compte aujourd’hui cinq exemples liés au continent américain parmi les huit mandats qu’elle exerce: elle défend les intérêts de l’Iran en Égypte et au Canada, ceux des États-Unis en Iran, ceux de la Russie en Géorgie, et vice versa, ceux de l’Équateur au Mexique, et vice versa, ainsi que ceux de l’Équateur au Venezuela.

Texte relu et vérifié par Samuel Jaberg

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