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Pas de panique face aux repreneurs étrangers

A l’heure de la globalisation, les gros poissons mangent souvent les petits (photo: OKAPIA). Christen/OKAPIA

Parole d’experts: les entreprises suisses ne sont pas menacées par une vague de tentatives inamicales de reprise venue de l’étranger.

En mars pourtant, la compagnie Swiss passait en mains allemandes, puis le groupe technologique Unaxis en mains autrichiennes. Et ce n’est pas tout.

Un constat s’impose d’emblée: lorsque des firmes suisses sont rachetées par des concurrents ou par des investisseurs étrangers, il ne s’agit pas systématiquement de reprises inamicales.

Derniers exemples en date: la compagnie aérienne Swiss, passée sous la bannière de l’allemande Lufthansa, ou l’écurie de Formule 1 Sauber Petronas, qui dès la saison prochaine glânera des points en Championnat du Monde pour le compte du constructeur allemand BMW.

Les entreprises suisses sont intéressantes. Elles sont souvent sous-évaluées à la bourse et elles disposent d’un bon savoir-faire et de collaborateurs bien formés. En outre, les taux d’intérêt sont bas en Suisse.

Les effets d’un crash

Le grand nombre de cas récents où des étrangers ont manifesté leur intérêt pour des firmes helvétiques ne traduirait pour autant aucune tendance. Selon les spécialistes, il serait purement le fait du hasard.

«Dans les années 1990, les assureurs, les caisses de pension et les investisseurs achetaient beaucoup d’actions, rappelle Beat Pfiffer, analyste à la Banque cantonale de Zurich. Mais après le crash qui a duré de 2001 à 2003, ils se sont mis à investir de manière plus prudente. Et cela a fait baisser les cours».

«De plus, poursuit Beat Pfiffer, des taux d’intérêt bas permettent de financer une reprise à bon compte. Mais je crois que c’est plutôt un hasard s’il y a en ce moment tellement de tentatives inamicales de rachat par des investisseurs étrangers». Sur le long terme, l’analyste zurichois pense que le nombre de ces cas reste plus ou moins stable.

Des proies plus alléchantes que d’autres

Unaxis et Forbo étaient en situation financière délicate, ce qui en a fait des proies intéressantes, estime Maria Ivek, du Credit Suisse First Boston. Leica Geosystems et Saia-Burgess, par contre, constituaient des cibles moins évidentes.

«Le phénomène des reprises inamicales par l’étranger n’est pas nouveau, poursuit l’analyste. Le public en est simplement davantage conscient».

Quelques entreprises suisses seraient particulièrement intéressantes. Parce qu’elles fabriquent des produits forts, qu’elles disposent d’un bon mangement et d’un solide réseau de distribution mondial. Pour Maria Ivek, Leica Geosystems en est l’exemple type.

Stratégies de défense

Les victimes potentielles peuvent évidemment se défendre. Elles cherchent alors un investisseur ou un «chevalier blanc» qui pourra surenchérir sur l’offre inamicale.

Ce scénario est actuellement en train de se réaliser pour Leica Geosystems. Le groupe américain Danaher vient de faire à l’entreprise de St-Gall une offre de 14% supérieure à celle du Suédois Hexagon.

Autre possibilité: une entreprise suisse achète une firme qui n’entre pas dans la stratégie de son «ennemi» étranger, en espérant ainsi ne plus être intéressante à ses yeux.

Et même lorsqu’une firme helvétique passe effectivement en mains étrangères, Beat Pfiffer estime que les effets ne sont pas obligatoirement néfastes pour l’économie suisse.

«Lorsqu’on annonce la reprise d’une grosse entreprise, cela peut influer sur le climat de consommation et générer des inquiétudes pour les places de travail», admet l’analyste. Mais de tels effets ne seraient pas à craindre lorsqu’il s’agit de petites entreprises.

Des dégâts malgré tout

En tous les cas, une tentative de reprise inamicale représente un danger pour la victime elle-même, jugent les experts. Si les repreneurs n’ont en tête que le bilan et non la santé de l’entreprise, celle-ci est menacée de restrictions financières et de licenciements.

Et pour Beat Pfiffer, les prochains candidats au rachat pourraient bien être, entre autres, Tecan Group, Saurer et Converium.

swissinfo, Matthew Allen
(Traduction et adaptation, Marc-André Miserez)

– En mars, Swiss passe aux mains de la compagnie allemande Lufthansa.

– En mai, Unaxis est rachetée par une groupe de mystérieux investisseurs autrichiens.

– En ce moment, Saia-Burgess est dans le collimateur d’un groupe japonais, tandis que Leica Geosystems intéresse Suédois et Américains.

– Forbo vient de repousser une tentative de reprise par un groupe britannique.

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