Eglise et les autorités unissent leur voix pour déloger les sans-papiers

L'hospitalité de la paroisse de St-Paul est limitée au 20 août. swissinfo.ch

Mgr Bernard Genoud et le préfet de la Sarine ont demandé jeudi au collectif des sans-papier de quitter l'église de St-Paul à Fribourg. Les autorités fribourgeoises leur ont donné jusqu'au 20 août pour s'exécuter.

Ce contenu a été publié le 26 juillet 2001 - 20:48

«Il faut laisser le temps au dialogue, affirme l'évêque de Lausanne, Genève et Fribourg. Notre objectif est d'éviter un durcissement des positons qui ne pourrait que porter préjudice au mouvement.»

Mgr Bernard Genoud a donc écrit jeudi aux sans-papiers qui occupent le centre paroissial de Saint-Paul depuis plus de 50 jours. En substance, l'évêque prie le mouvement de bien vouloir évacuer l'église. Il lui conseille de s'installer au couvent des sœurs d'Ingenbohl, conformément à la récente proposition du Conseil de paroisse. Une option jusqu'ici refusée par le mouvement.

Objectif: gagner du temps

De son côté, Nicolas Deiss, préfet de la Sarine, a octroyé une trêve au collectif. Jusqu'au 20 août, il n'y aura pas de d'intervention des forces de l'ordre, a t-il affirmé. Lui aussi a demandé au collectif d'effectuer un repli stratégique vers l'appartement des sœurs d'Ingenbohl.

«Nous demandons une collaboration qui laisserait le temps aux autorités de trouver une solution acceptable », souligne Nicolas Deiss. Elle permettrait aux autorités de trouver une solution.» En clair, en acceptant de changer de lieu, les sans-papiers laisseraient le temps au conseiller d'Etat Claude Grandjean d'examiner leur situation au cas par cas.

La carotte et le bâton

Le préfet a également rappelé qu'en cas d'évacuation forcée, les clandestins risqueraient d'être expulsés de Suisse, conformément à la loi sur les mesures de contrainte.

Bref, après s'être concertés la veille, l'évêque et le préfet tiennent à peu près le même langage. Tous deux précisent qu'en demandant aux sans-papiers de coopérer, ils visent avant tout à protéger le mouvement.

«Mon objectif n'est pas de casser le mouvement, déclare Mrg Genoud. Au contraire. En lui proposant de s'installer dans le couvent des sœurs d'Ingenbohl, je lui donne la possibilité de durer».

«Aujourd'hui, il faut que les sans-papiers nous aident à les aider», renchérit l'évêque. Précisant par ailleurs qu'il était essentiel de ne pas encourager d'éventuels sentiments xénophobes au sein de la population fribourgeoise.

Législation trop rigide

Plus concrètement, Mgr Genoud entend inciter le Conseil fédéral à revoir les critères relatifs à la régularisation des sans-papiers. «J'ai déjà interpellé le président de la Conférence des évêques suisses à ce sujet», écrit-il dans sa lettre aux occupants de l'église St-Paul. La «question sera débattue et des moyens d'intervention concrets étudiés» lors de la prochaine rencontre des évêques suisses le 2 septembre, promet-il.

Du côté des sans-papier, aucun mot d'ordre n'est encore donné. Le groupe se borne à exprimer ses regrets après la prise de position de Mrg Genoud. «L'évêque affirme qu'il soutient notre action mais il n'en apporte pas la preuve, déplore Sanda Modica, porte-parole du collectif. Aujourd'hui, en nous demandant de quitter les locaux et en affirmant que la régularisation collective n'est pas envisageable, il adopte le discours des autorités.»

Le groupe de sans-papiers occupe le centre paroissial qui jouxte l'église Saint-Paul à Fribourg depuis le lundi de Pentecôte. Il demande la régularisation globale de 84 personnes.

Vanda Janka

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