Au Japon, les banques suisses ne cèdent pas à l’euphorie
Depuis le début de l'année, la bourse de Tokyo est la plus performante du monde. L'UBS reste prudente. Le CSG est plus optimiste.
L’UBS persiste et signe. Elle ne croit pas en la renaissance de la bourse de Tokyo. Comme la plupart des grandes banques étrangères qui ont pignon sur rue au Japon.
Le 5 février dernier, la bourse de Tokyo était retombée à son niveau le plus bas depuis 18 ans. Et, à ce moment-là, personne ne pensait que son mouvement à la baisse allait prendre fin.
Mais, entre-temps, elle s’est appréciée de plus de 26%. Pourtant la plupart des analystes de l’UBS refusent de réviser leur jugement.
Une reprise limitée
«Nous continuons d’être sous-pondérés sur le Japon dans nos portefeuilles d’actions globaux, confie Kai R. Sotorp. Nous le serons encore probablement d’ici un an.»
Selon le responsable de UBS Asset Management, le Japon est susceptible de bénéficier d’une reprise momentanée de son activité. Grâce à ses exportations.
Mais cette reprise sera d’une ampleur limitée. Car les problèmes fondamentaux de l’économie japonaise ne sont toujours pas résolus.
La déflation a tendance à s’aggraver. Et les banques ne parviennent plus à apurer leurs mauvaises créances.
Un marché manipulé
Le Credit Suisse Group (CSG) conseille aux gestionnaires de fonds d’accroître leur exposition au Japon. «Nous procédons à une modification tactique de notre portefeuille, dit Andrew Garthwaite, Le marché est actuellement manipulé par le gouvernement. Qui a durci ses règles sur les ventes d’actions à découvert.»
Et l’économiste du Credit Suisse First Boston (CSFB) à Tokyo de préciser: «Pour le marché, mars et avril ont toujours été les deux meilleurs mois de l’année».
Depuis une semaine, les investisseurs prennent des bénéfices. Le Credit Suisse Group pense que le mouvement de hausse en cours n’est pas terminé.
Il veut donc profiter de ce regain d’intérêt pour la bourse japonaise. A tout le moins jusqu’à la fin avril. Au-delà, il se garde de verser dans l’euphorie. Au contraire.
La lenteur des réformes
Le Credit Suisse partage les mêmes craintes que l’UBS sur les problèmes plus fondamentaux de l’économie japonaise. «Il n’y a toujours pas de vrai plan de lutte contre la déflation. Ni de réformes des banques et de la sécurite sociale», affirme Andrew Garthwaite dans son rapport sur les perspectives du marché japonais.
La lenteur des réformes structurelles empêche les deux grandes banques de se montrer plus positive sur la bourse de Tokyo. Par ailleurs, les prix des actions des plus grandes entreprises japonaises – celles vouées à l’exportation – ne sont plus considérés comme bon marchés.
swissinfo/Georges Baumgartner à Tokyo
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