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Aux côtés de SAirGroup, les vrais actionnaires d’AOM-Air Liberté sont inconnus

Le flou... pour brouiller les pistes? Keystone Archive

Depuis le rachat d'AOM en février 1999, le groupe français Marine-Wendel détiendrait 50,1% de la compagnie aérienne, et SAirGroup 49,9%. Dans ces conditions, comment la Banca Commerciale Italiana peut-elle posséder 12,5% des actions?

Le baron Ernest-Antoine Seillière n’est pas seulement le patron de Marine-Wendel, il est aussi le président du Medef, le puissant patronat français. Il faut donc le croire à priori lorsqu’il déclare que sa responsabilité est «extrêmement limitée» dans les difficultés financières d’AOM-Air Liberté, et que son engagement dans la compagnie française se limite à 300 millions de francs français.

Seulement voilà: Marine-Wendel est toujours l’actionnaire majoritaire à 50,1% d’AOM-Air Liberté, et les pertes pour l’année dernière approcheraient 2 milliards et demi de francs français. «Si AOM dépose son bilan, le baron devra, devant le tribunal de commerce, brandir accords secrets, coquilles occultes et sociétés exotiques pour éviter de devoir combler lui-même le trou», avance ‘Le Canard enchaîné’, dans sa dernière édition.

En clair, l’hebdomadaire satirique avance que Marine-Wendel aurait fait du «portage» pour SairGroup en 1999 afin de détourner la législation communautaire qui interdit à une firme étrangère (et surtout non-membre de l’Union européenne) d’être majoritaire dans le capital d’une entreprise française. L’accusation est particulièrement grave.

Le moins que l’on puisse constater, c’est qu’Ernest-Antoine Seillière ne fait rien pour éclaircir la situation. Le 6 mars dernier, il annonce que c’est la Banca Commerciale Italiana qui a débloqué 950 millions de francs français pour renflouer AOM-Air Liberté. Cette banque posséderait dorénavant 12,5% des compagnies françaises.

«Pas du tout», a aussitôt répondu la banque italienne. «Nous avons bien mis en place au mois de décembre un financement structuré (…) mais la banque n’est pas devenue actionnaire». Qui dit la vérité? Ernest-Antoine Seillière ou la Banca Commerciale Italiana, qui est passée par une petite structure inconnue, Tasa Finance Luxembourg, pour accorder ce prêt de 950 millions de francs français?

Il s’agit incontestablement de brouiller les pistes. Est-ce pour éviter que SAirGroup, la maison-mère de la compagnie aérienne Swissair, apparaisse comme le véritable propriétaire d’AOM-Air Liberté?

Ian Hamel

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