Avec le rachat de DLJ au groupe AXA, le Crédit Suisse a une belle carte à jouer
La cession par le groupe AXA de sa filiale bancaire américaine DLJ au Crédit Suisse constitue, selon les analystes parisiens, une belle opération pour la banque helvétique. A condition que le mariage entre les deux établissements fonctionne...
Un point partout! S’ils considèrent «positif» le recentrage probable d’AXA autour de l’assurance, les analystes français estiment également «judicieux» le rachat de sa filiale bancaire Donaldson, Lufkin et Jenrette (DLJ) par le Crédit Suisse. Rendue publique jeudi, la vente par AXA de cette banque cotée à Wall Street et spécialisée dans les junk bonds – les obligations à haut risque de sociétés très endettées – est en fait,selon les spécialistes français du premier assureur mondial, une démarche logique.
«Axa n’avait pas vocation à demeurer présent dans le secteur très particulier et très volatile de la banque d’affaires, tandis que le Crédit Suisse a, lui, tout avantage, à étoffer les compétences de sa filiale spécialisée CS First Boston», confirme un analyste. A en croire ce connaisseur, l’opération conclue pour la juteuse somme de 11,5 milliards de dollars paraît donc avantageuse pour les deux géants de la finance car elle devrait leur permettre de consolider à terme leur emprise respective sur leurs secteurs essentiels d’activité.
La question, bien sûr, est de savoir si le choc des cultures ne sera pas trop douloureux entre le Crédit Suisse, à l’image de prudence très helvétique, et la banque DLJ, connue pour son agressivité et ses fortes prises de risques. Une interrogation éludée par les responsables parisiens de la banque suisse, selon lesquels «l’acquisition de DLJ va d’abord permettre d’avoir des équipes plus fournies, plus lourdes, et donc plus performantes à l’heure où il est difficile de recruter de bons banquiers».
Dans le cas de la France, par exemple, les 50 salariés actuels du Crédit Suisse First Boston devraient bientôt être rejoints par un nombre identique de collègues en provenance de DLJ, sans que cela ne suscite trop de rivalités. Les banquiers de DLJ sont, en effet, spécialisés dans les ventes d’actions alors que les experts de CS First Boston travaillent davantage sur les fusions et «l’invest banking». Une force de frappe de bon augure, selon la direction du Crédit Suisse, qui espère ainsi concurrencer davantage, sur la place de Paris et pour le reste du marché européen, les banques d’affaires concurrentes que sont Goldman Sachs ou Morgan Stanley.
Richard Werly, Paris
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