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Christoph Blocher moqué par le biais de Google

Après George Bush, Christoph Blocher visé par un canular électronique. swissinfo.ch

Des inconnus ont influencé le moteur de recherche de telle sorte qu'en tapant le pendant allemand de «lamentable andouille», on tombe sur le site du ministre suisse de la justice.

Depuis dix jours, la Berne fédérale tente sans succès de mettre fin à ce qu’elle considère comme un abus.

Ce n’est peut-être pas spécialement drôle, mais beaucoup de monde en rit: Christoph Blocher, chef du Département fédéral de justice et police (DFJP), est depuis peu victime d’un canular électronique.

De quoi s’agit-il? Depuis le début du mois, les personnes qui introduisent dans la fenêtre du moteur de recherche électronique Google les mots allemands «jämmerlicher Waschlappen» – traduction approximative: pitoyable (ou: lamentable, misérable) andouille (ou: dégonflé) – sont surpris.

La première entrée sur laquelle ils tombent est en effet la page consacrée à Christoph Blocher (avec photo) par le site officiel du gouvernement fédéral!

A l’évidence, un coup monté

Il s’agit à l’évidence d’un coup monté. Mais comme nous l’a expliqué un spécialiste, il est quasiment impossible d’en identifier les auteurs. On sait en revanche assez exactement comment une telle opération se monte.

Les «comploteurs» créent d’abord un ou plusieurs sites internet auxquels ils donnent le nom du terme peu flatteur qu’ils veulent attribuer à leur «victime».

Ils introduisent ensuite sur ces sites un lien avec l’adresse internet de la personne, lien sur lequel ils cliquent à de très nombreuses reprises.

Automatiquement, les ordinateurs du serveur de Google enregistrent l’extrême fréquence du lien existant entre le terme peu flatteur et le personnage visé – en l’occurrence entre «misérable andouille» et «Christoph Blocher». Résultat: «Christoph Blocher» s’affiche désormais en premier lors de chaque recherche «misérable andouille»…

Avant Christoph Blocher, George Bush



La chose d’ailleurs n’est pas nouvelle et tout internaute peut en faire l’expérience. En introduisant par exemple le vocable anglais «miserable failure» (lamentable échec), on tombe sur une biographie du président Bush…

Selon le chef du réseau web du DFJP, Christian Beneke, le procédé, répandu, a en fait un nom: on parle de «bombardement Google» («Google bombing»).

On s’en doute, même si certains ont souri, Berne n’a pas vraiment apprécié. Et depuis dix jours – depuis que la chose a été rendue publique par le quotidien Neue Zuercher Zeitung – le DFJP et la Chancellerie fédérale ne ménagent aucun effort pour mettre fin à ce qu’ils considèrent comme un abus.

Il y a eu des contacts avec Google, mais toutes les démarches entreprises jusqu’ici ont été sans effet.

Moyens à disposition limités

Il faut dire que les moyens à disposition sont très limités. Juridiquement, on peut difficilement parler d’un délit: un «Google bombing» n’est pas flatteur mais s’agit-il d’une injure?

D’autre part, selon Christian Beneke, même si Google parvenait à perturber les sites contestés, les inconnus à l’origine du «coup» auraient peu de peine à recommencer quelques jours plus tard.

Et Christian Beneke de signaler que la Maison-Blanche essaye depuis en tout cas un an de supprimer la connexion «George W. Bush» – «misérable échec», sans aucun résultat jusqu’ici.

Rappelons que Google est le moteur de recherche le plus consulté au monde: 200 millions d’adresses «cliquées» par jour et 4 milliards de pages affichées.

swissinfo, Michel Walter

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